Arnaud Brière tenant un brochet pris en burn-it au crankbait sur un lac irlandais

Burn-it : le cranking autrement

par Arnaud Brière

Un brochet suit votre leurre jusqu’au bateau, puis fait demi-tour ? Le réflexe, c’est de ralentir. Arnaud Brière fait tout l’inverse : il accélère, encore et encore. Bienvenue dans le « burn-it », la pêche qui ne laisse pas au poisson le temps de réfléchir.

Burn-it : le cranking autrement

Pêcheur au jerk impénitent, j’ai été conditionné pendant des années par des actions de pêche lentes, faites de longues pauses et de contrôle de la ligne. Mais certaines situations et quelques expériences m’ont donné à réfléchir, et c’est dans le domaine du cranking que j’ai opéré une petite révolution. Cela a rapidement fait tache d’huile sur toutes mes autres techniques.

Tout était lié à la vitesse.

Le crankbait, c’est le leurre emblématique du power fishing. Rond et trapu, il est associé à une bavette plus ou moins large et longue qui le fait plonger dans une couche d’eau programmée. Ces leurres se lancent loin et déplacent beaucoup d’eau. Ils émettent de fortes vibrations pour alerter les poissons actifs qu’ils croisent sur leur route. En aucun cas ils ne sont faits pour insister sur une zone précise : les crankbaits servent à battre du terrain et à ratisser large.

Personnellement, j’utilise autant les cranks à bavette que les lipless, que je trouve plus agiles et parfois plus efficaces. Leur absence de bavette les rend plus aérodynamiques et leur confère des distances de lancer supérieures. Cette facilité de pénétration dans l’air se retrouve dans l’eau, et autorise des récupérations bien plus rapides, qui déclenchent davantage de touches réflexes. De là à accélérer encore franchement, il n’y a qu’un pas.

Accélération…

Ce pas, je l’ai franchi il y a plus de dix ans, au cours de deux expériences. La première, je la dois à l’Irlande et à mon ami Geoffrey Begard, guide de pêche à Belleek. Nous traversions une période difficile où les brochets étaient peu coopératifs, ce qui est toujours problématique en pleine saison de guidage. Nous nous appelions d’un camp à l’autre pour prendre la température. C’est au cours d’un de ces coups de fil que Geoff m’a révélé avoir trouvé une solution en ramenant les jerkbaits, type Buster Jerk, « à fond, sans animation ». Ce n’était pas un mensonge, même si bien sûr le pattern n’a pas tenu toute la saison.

La seconde vient d’une partie de pêche difficile où les seuls poissons qui bougeaient semblaient être les perches. Nous avions trouvé une zone peu profonde où elles répondaient mollement à des crankbaits peu plongeants : elles suivaient sans prendre. En pêchant un peu plus vite, nous avons déclenché une touche, puis une autre. Alors nous avons accéléré, et encore accéléré. Le nombre de touches augmentait, mais surtout, nous avons commencé à prendre aussi des sandres… et des brochets.


Pourquoi un brochet qui refuse un leurre bien animé se jette-t-il sur le même leurre « brûlé » au lancer suivant ? Dans les 5 pages de son dossier publié dans La Pêche et les Poissons n°972, Arnaud Brière explique la touche réflexe, images de sonde live à l’appui, et donne la vitesse exacte à viser : presque deux fois plus de tours de manivelle qu’une récupération normale.

Il ouvre aussi sa boîte « vitesse » : lipless, shad, chatterbait et spinnerbait, avec les grammages et les montages qui tiennent le rythme sans remonter en surface. Vous y trouverez le geste à faire au pied du bateau quand un brochet suit, pourquoi l’accélération compte plus que la vitesse brute, l’ensemble casting qui convient, et le moment de l’automne à ne surtout pas rater pour piéger sandres et gros brochets.

Et vous saurez comment Kevin VanDam a gagné le Bassmaster Classic quand tout le monde était à la peine.

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