Semaine Spéciale Truites : Bien relâcher les truites

La truite est un poisson fragile, mais il est tout à fait possible de la pêcher en No-Kill sans impact, si l’on respecte quelques règles. Par chance, de nombreuses études scientifiques ont été réalisées sur le sujet, donnant aux pêcheurs des clés indispensables pour pêcher la truite sans la perturber…

A la maison

Si l’on prévoit de pêcher en no-kill, le premier geste commence chez soi. Ou en magasin. Il s’agit d’adapter son matériel au mieux… On pense d’abord aux hameçons. L’idéal est bien sûr les hameçons simples sans ardillons. Ils n’occasionnent pas beaucoup plus de décrochages si l’on choisit de vrais hameçons sans ardillon (pas des hameçons à ardillon écrasé donc) car ces derniers sont alors plus piquants. Il faudra aussi veiller à toujours garder la ligne tendue lors des combats pour ne pas décrocher le poisson.


Pour les pêches comme le toc où le poisson est susceptible d’engamer, l’ardillon est à bannir absolument si l’on veut relâcher les prises. Et mieux vaut bien sûr ferrer à la touche.
La résistance de la ligne est aussi à prendre en compte pour minimiser la durée des combats. C’est surtout important par eaux chaudes. Enfin, l’épuisette doit avoir des mailles en plastiques ou revêtues de caoutchouc pour préserver la peau de la truite, et surtout pas de mailles avec des nœuds ou de mailles en nylon.

Manipuler le poisson

La truite doit être manipulée avec précaution, cela va de soi. Se mouiller les mains avant de la toucher et la maintenir dans l’eau dans l’épuisette le temps de préparer de quoi la décrocher / mesurer / photographier est indispensable. L’épuisette est à ce titre un outil indispensable du pêcheur de truites en no-kill. Avoir une pince et un dégorgeoir à portée de main est également toujours nécessaire. Si l’hameçon est profondément engamé, mieux vaut couper le fil et le laisser dans le poisson mais c’est un cas rare.


L’épuisette permet de maintenir la truite dans l’eau pour toutes les étapes qui ne nécessitent pas de l’en sortir.


Une fois la truite sortie de l’eau, il convient de minimiser son temps passé hors de l’eau. Les études montrent que tant qu’on reste en-dessous de 10 secondes au total d’exposition à l’air, le comportement du poisson après remise à l’eau n’est pas modifié. C’est donc à mon avis la limite qu’il faut se fixer. Et elle n’est pas difficile à atteindre. C’est plus qu’il n’en faut pour prendre une belle photo.


Les petites truites sont plus fragiles que les grosses ! Essayons de les traiter avec autant d’égards. En les mettant à l’épuisette, en les maintenant dans l’eau, et en évitant de les «balancer » au bout du fil !

Gare à la photo

Le poisson bien au calme dans l’épuisette, préparez-vous et briefez votre collègue photographe du moment, jusqu’au moment où il sera bien prêt, téléphone ou appareil photo en main et cadré sur vous. Ce n’est qu’alors qu’il faudra sortir le poisson de l’eau. Et ce, au-dessus de l’eau et à genoux. De cette manière, si la truite vous glisse des mains, ce qui est fréquent, elle retombera dans l’eau et non sur le sol (et pas de trop haut… et idéalement dans l’épuisette !).


Flop ! La truite saute des mains du pêcheur. Heureusement, ce dernier est à genoux au-dessus de l’eau donc le poisson retombera dans son élément.


Il va de soi qu’on tient le poisson sans le serrer, et sans mettre les doigts dans ses ouïes. Eviter également de le tenir à la verticale.

Selon la météo 

Il est aussi important de savoir quand pêcher ou pas, car s’il fait trop chaud les conditions deviennent dangereuses pour le poisson. On n’y pense pas en cette période d’ouverture mais souvenez-vous en lors des prochaines canicules.
Pour la truite, cesser de pêcher à partir d’une eau à 19°C est indispensable. 18°C doit être la limite à ne pas franchir.


La traditionnelle photo souvenir n’est pas qu’une manière de garder en mémoire ses prises. Elle permet également de les suivre. En comparant les taches des truites que vous prenez, qui sont caractéristiques de chaque individu comme nos empreintes digitales, vous découvrirez que vous en recapturez beaucoup plus que vous ne le pensiez. Un moyen intéressant de les suivre, et comprendre leur croissance et leur comportement. Mais également une preuve absolue de l’efficacité du no-kill !

Quand relâcher la truite ?


Le plus vite possible ! Plus on garde la truite captive, plus elle stresse, ce qui lui est néfaste. Tant qu’elle a le réflexe de se maintenir en équilibre à la verticale et de nager, c’est qu’elle est prête à repartir. Si ce n’est pas le cas, il suffit de la maintenir face au courant pour la réoxygéner. Inutile de la tirer d’avant en arrière, ses branchies ne fonctionnent que dans un sens.


Les plus belles photos sont souvent celles où le poisson reste dans l’eau.

L’utilité des photos


La traditionnelle photo souvenir n’est pas qu’une manière de garder en mémoire ses prises. Elle permet également de les suivre. En comparant les taches des truites que vous prenez, qui sont caractéristiques de chaque individu comme nos empreintes digitales, vous découvrirez que vous en recapturez beaucoup plus que vous ne le pensiez. Un moyen intéressant de les suivre, et comprendre leur croissance et leur comportement. Mais également une preuve absolue de l’efficacité du no-kill !


Avec un peu d’expérience et la bonne épusette, on peut facilement mesurer une truite dans l’eau.
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