Semaine spéciale Truites : Ouverture, quelle technique choisir ?

Texte et photos par Bill François

Beaucoup de pêcheurs de truites aiment pratiquer diverses techniques au cours de l’année. Mais laquelle choisir pour le jour tant attendu de l’ouverture ? Nous pesons pour vous le pour et le contre de chaque approche, pour vous aider à cartonner le jour J.

Au toc, le grand classique

Eaux froides et souvent hautes, poissons encore peu actifs… la pêche au toc reste l’incontournable de l’ouverture. Elle a en général la préférence de nombreux pêcheurs, en particulier en utilisant des appâts naturels. On peut en outre en développer toutes sortes de variantes, avec ou sans flotteur, en dérive ou appât posé… pour s’adapter à quasiment tous les milieux.
S’il est certain que cette technique est redoutablement efficace dans presque toutes les conditions, elle ne permet cependant pas de « battre du terrain » aussi vite que d’autres approches. Ni de cibler facilement les grosses truites.

Vairons et variantes


Le vairon manié est tout aussi redoutable que le toc et peut permettre de pêcher un peu plus vite, en visant de plus gros poissons. Il nécessite de se procurer des vairons mais le jeu en vaut la chandelle. Si vous visez l’efficacité, c’est sans doute le meilleur compromis.

L’heure du leurre ?

Niveau adrénaline, rien ne vaut l’attaque d’une truite au leurre. Prendre un poisson au leurre artificiel est aussi bien plus gratifiant. A l’ouverture, le leurre est un bon moyen de pêcher vite si vous souhaitez couvrir du terrain, par exemple à la recherche de spots qui n’ont pas encore été pêchés. En outre, le leurre est un bon moyen de cibler les plus grosses truites, par exemple à l’aide de gros poissons nageurs.
Si les poissons sont inactifs à cause du froid ou cantonnés dans leur trou, rien n’empêche d’aller les chercher avec des leurres souples ou créatures.
En grandes rivières les eaux très hautes se prêtent mal à la pêche au leurre – il faut alors cibler les zones d’amortis, abritées du courant. Mais vous seriez surpris de voir comment même dans une eau trouble, les truites repèrent facilement nos leurres. Selon les rivières, une eau légèrement teintée est même synonyme de succès.

Pourquoi pas à la mouche ?

Si la nymphe au fil (qui sur le principe est proche de la pêche au toc à la nymphe) est très pratiquée en début de saison, peu de pêcheurs pratiquent la mouche fouettée, en sèche, noyée ou émergente, à l’ouverture. Et pourtant… il est bon de se rappeler que les truites gobent toute l’année et d’ouvrir l’œil car les éclosions peuvent nous surprendre, notamment les fameuses « march brown » ou mouches brunes de mars, de grandes éphémères qui rendent les truites très réceptives.
Le streamer sera aussi une bonne option par eaux hautes et teintées.

Les arcs-en-ciel de lâcher réagissent très bien au streamer. L’occasion de « dérouiller » sa canne à mouche.

Plutôt une question de stratégie

Le jour même de l’ouverture, et disons dans les 15 jours qui vont suivre, la réussite tient souvent plus à la stratégie vis-à-vis des conditions d’eau et des autres pêcheurs. Être le premier sur un parcours vous rapportera plus de prises. S’adapter aux crues ou lâchers de barrage en connaissant des coins de repli est aussi une bonne chose. Un repérage quelques jours avant peut aider.
Une fois passée la fièvre de l’ouverture, la pression de pêche redevient normale et la technique devient alors plus différenciante.
Il est aussi important de se mettre à la place du poisson : le jour de l’ouverture, des poissons qui n’ont pas été sollicités depuis plusieurs mois se retrouvent d’un coup confrontés à une avalanche de pression de pêche, la plus importante de l’année. C’est ce qui fait la spécificité de l’ouverture : on a affaire à des poissons naïfs mais d’un seul coup hyper sollicités. Une situation vraiment pas naturelle, en somme.

Il a fallu aller quasiment jusqu’à la source du ruisseau pour trouver une zone non pêchée où se cachait cette belle truite. Elle a mordu sur un streamer mais aurait pu prendre n’importe quel autre leurre ou appât ; l’essentiel était de se trouver au bon endroit au bon moment.

Spécial truites de bassine

Les lâchers de truites « de bassine » ou surdensitaires sont en général annoncés à l’avance. Le pêcheur de truites sauvages fera mieux de les éviter, car il trouvera alors sur son parcours des hordes de pêcheurs. Il y a cependant moyen de tirer alors son épingle du jeu avec des approches techniques et fines, car ces pêcheurs pêchent en général à l’aide de montages et d’appâts grossiers et ne sollicitent guère les truites sauvages.
Si l’on veut au contraire pêcher la truite « de bassine », toutes les techniques sont efficaces et il faut se rappeler que la discrétion n’est vraiment pas utile !

Polyvalence… ou spécialité ?

Je viens de vous présenter une large gamme de techniques. Vous pouvez en choisir une pour l’ouverture, mais aussi en choisir plusieurs (ou n’en choisir aucune, c’est-à-dire toutes, et s’adapter le moment venu).
Un large éventail de techniques à disposition offre le même paradigme qu’une boite de leurres bien remplie : on a de quoi parer au mieux à toutes les éventualités mais choisir comment devient alors un casse-tête.
Vaut-il mieux maîtriser une technique à fond et tenter de l’adapter aux conditions, quitte à par exemple changer souvent de spot… ou vaut-il mieux avoir plein de techniques prêtes à l’emploi sous le coude, au risque de se disperser en changeant sans cesse d’approche ? Il existe sans doute un juste milieu.

A vous de le trouver !

Si ça ne mord à aucune technique, on peut toujours se rabattre sur la contemplation de la nature, ou la cueillette des violettes, qui font de jolis bouquets ou permettent de confectionner des friandises parfumées.

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