Texte et photos de Guillaume Barla
Quelle frustration de rater la seule touche lorsque les journées sont dures ! Nous le savons, plus les touches sont rares, plus nous les manquons. Les triples voleurs sont donc presque impératifs pour augmenter notre succès, surtout lors des pêches difficiles…
Un armement logique
Le constat est simple : plus les poissons sont tatillons, moins ils mordent franchement. La conséquence est aussi que nous ratons d’autant plus de touches, en raison de notre manque de réactivité au ferrage, lié à un manque d’attention. C’est souvent le cas en hiver, où nous pouvons avoir des sandres qui mordent du bout des lèvres, voire gueule fermée. À partir de là, la conclusion est logique : l’armement des leurres souples n’est pas suffisant. En effet, si nous nous contentons de l’hameçon de la tête plombée, un seul hameçon doit couvrir tout le leurre. Autant dire qu’à partir de 4 pouces, ce n’est clairement pas suffisant. Le triple voleur s’impose donc.
Dans une très grande majorité des cas, ce triple viendra se loger derrière la tête plombée, au début de la partie molle de la queue du leurre souple. Ainsi la tête couvrira la partie avant et le triple voleur la partie arrière, augmentant largement les chances de piquer le poisson à la touche. Notons qu’un brochet attaque souvent au niveau de l’avant de sa proie, de travers, alors que perches et sandres attaquent par l’arrière. Le besoin de couvrir tout le leurre avec l’armement est donc tout à fait justifié. Enfin, placé sur le dessus et bien dimensionné, le triple voleur n’augmente quasiment pas l’accrochage du leurre, même en pêchant proche du fond.
Un montage rapide et simple
S’il y a bien un montage relativement simple à effectuer, c’est celui-là. Prenez un bout de nylon, attachez-y un triple à une extrémité et faites une boucle de l’autre. La technicité se trouve plutôt dans l’intégration au leurre souple. S’il s’agit d’un supplément pour aider au ferrage, ce montage ne doit absolument pas brider ni modifier la nage du leurre. C’est certainement la chose la plus importante à retenir ici.

Que vous pêchiez avec un shad ou un finesse, le triple voleur s’intègre parfaitement. D’abord, choisissez un triple de taille adaptée — une hampe courte est à privilégier pour ne pas interférer avec la tête plombée. Ce triple doit être de la même largeur ou un peu plus large que le leurre souple. Si le triple est trop gros, cela va brider le leurre dans sa mobilité et dans certains cas, s’emmêler.
Pour le choix du nylon ou du fluorocarbone, cela est à adapter en fonction de l’espèce recherchée et de la taille du leurre. Si vous pêchez avec des gros leurres souples à brochet, faites le montage avec un nylon entre 50/100 et 80/100. Au-delà de 60/100, oubliez les nœuds — le montage sera réalisé avec des sleeves. En revanche, si vous pêchez le sandre ou la perche, utilisez des fils de 30/100 à 50/100 mais ne descendez pas plus fin : les dents d’un sandre sont tout de même très affûtées.

Un positionnement minutieux
Si le montage paraît simple, le positionnement se doit d’être minutieux. La longueur du montage doit être adaptée à chaque leurre. La boucle peut se fixer de deux manières : si l’anneau de la tête plombée est assez large, passez la boucle dedans et faites repasser le triple dans la boucle à la manière d’une tête d’alouette. Si l’anneau est trop étroit, passez la boucle par-dessus l’anneau simplement. Ensuite, tirez le montage vers l’arrière et faites un tour autour de la hampe de l’hameçon de la tête plombée pour le faire tenir. Puis, venez délicatement piquer le triple dans le leurre souple.
Une astuce simple consiste à boudiner légèrement le leurre souple avant de piquer le triple, pour qu’une fois planté, le leurre garde un montage correct et le triple soit bien tendu. Attention à ne pas trop le tendre — cela tire sur le leurre, l’abîme et lui donne une nage qui n’est plus naturelle.
Enfin, tous nos montages préparés à l’avance n’ont pas forcément la bonne longueur. S’il est nécessaire de les raccourcir, jouez sur le nombre de tours sur la hampe de l’hameçon de la tête plombée : sans en abuser, vous pouvez gagner quelques millimètres avec 3 ou 4 tours.

Ce petit montage simple et rapide est stupéfiant d’efficacité. Ne le négligez pas — il n’est certes pas magique mais limitera le nombre de touches manquées et de décrochages à coup sûr.

Adapter son ferrage
Le triple voleur ajoute un armement supplémentaire non négligeable. Certains y voient un hameçon qui risque plus d’abîmer le poisson qu’autre chose. C’est vrai que lorsque les poissons sont très actifs, comme au printemps, nous pouvons nous en passer. Or sur des poissons tatillons, peu de risques qu’ils engament trop ce triple — d’autant plus si nous adaptons le ferrage. Pour les sandres et perches, avec un frein faible, ferrez très amplement : finir les bras en l’air n’est pas rare, mais ne soyez pas sec. Pour les brochets, il ne faut pas être trop brusque non plus. Un bon ferrage n’est pas nécessairement instantané, et cela permet de laisser le leurre se piquer en bordure de lèvres.
Dessous en pleine eau
Si la plupart du temps nous montons le triple voleur sur le dessus pour des raisons évidentes lorsque nous pêchons proche du fond, ce triple se monte aussi sur le dessous. Lorsque les carnassiers sont traqués en pélagique ou décollés du fond, c’est un très bon complément car de nombreuses touches se situent sur le dessous. Un prérequis est d’avoir la tête plombée adéquate, avec un anneau sur le dessous, pour y loger cet armement supplémentaire. Des triples voleurs montés en acier du commerce sont très souvent utilisés, se fixant grâce à un anneau brisé.