Si, avec les beaux jours, nous avons chaud et que l’on cherche à se rafraîchir, les carnassiers en ont besoin aussi. Pour cela, la plupart descendent en profondeur pour chercher quelques degrés de moins.
Une question de survie
Pour nous, la chaleur est synonyme d’inconfort, et nous avons la possibilité de nous rafraîchir facilement. Cependant, pour les poissons, c’est différent. Plus il fait chaud, moins il y a d’oxygène dissous dans l’eau. Par exemple, si l’eau dépasse 25°C, sur des lacs peu profonds, vous pouvez être sûr que le cheptel de truites survivra difficilement. C’est pour cela que, dans une logique de survie, les poissons descendent légèrement pour trouver de l’oxygène dans de l’eau fraîche.
A l’inverse, si la thermocline est formée, la couche inférieure sera effectivement plus fraîche, mais paradoxalement pauvre en oxygène, car l’eau est moins brassée par des courants comme emprisonnée. Tout le compromis est donc là, trouver la zone la plus fraiche et la plus oxygénée à la fois. Nous éviterons donc de pêcher à 25m de fond en verticale, cela est presque inefficace sur beaucoup de plans d’eau calmes.

Mais où sont-ils ?
Mis à part s’ils sont dans la thermocline en suspending, les carnassiers seront souvent sur le fond. C’est le cas, surtout, des sandres, perches et brochets, mais il est courant de trouver aussi des silures ou des black-bass collés sur le fond. Parfois, même les black-bass descendent pour fuir l’agitation de surface.
Il faut donc choisir les spots stratégiques. Commençons par les plages et les pieds de plages. En linéaire, prospectez ces secteurs de bonne heure le matin, entre 4 et 9m. Avec une descente progressive, il faut pêcher perpendiculairement à la plage, et essayer de repérer la profondeur à laquelle sont les carnassiers. Dans la même idée, le tour des îlots est un excellent type de poste. Les carnassiers chassent les blancs dans la végétation, et redescendent progressivement se mettre au frais dans la journée. De manière similaire, prospectez l’îlot du haut, autour de 3m de profondeur jusqu’à sa base autour de 8m-9m. Il reste cependant important, de considérer que les carnassiers se nourrissent abondamment lors de phases alimentaires, donc qu’ils remontent probablement chasser la nuit ou en début de journée. Ce type de poste offre donc la double possibilité, celle de chasser dans peu d’eau et de redescendre rapidement. Enfin, les tombants à une dizaine de mètres offrent des postes intéressants, car les conditions climatiques y sont totalement différentes. Nous avons d’ailleurs la possibilité de les pêcher en verticale.

Quand les carnassiers se mettent au vert
Au pied des plages, nous trouvons aussi de beaux herbiers entre 3m et 6m. Abritant de la lumière, et offrant un grand garde-manger, les carnassiers restent souvent des heures dedans. Même s’ils ne chassent pas, il est possible de déclencher une attaque, en leur proposant simplement un leurre qui les tentera. Le texan sera votre meilleur ami dans ces conditions.

Là où il n’y a pas de thermocline
Intuitivement, nous irons donc là où il y a du fond et où il n’y a pas de thermocline, pour réunir les meilleures conditions. Déjà, ce phénomène est parfois inexistant sur de grands lacs avec une circulation d’eau importante. Si vous ne l’observez pas au sondeur, c’est qu’elle n’est pas là. Ainsi, il devient possible de pêcher à 10m au frais, sans souci, même si, pour la survie des poissons, il est déconseillé de les chercher trop profond. Finalement, il y a de nombreux secteurs sans thermocline, car elle est rompue, comme sur les plateaux. Ces postes identifiables en avance sur les cartes, sont une barrière physique logique à cette stratification. Ces secteurs forment donc des postes très prometteurs.
Ensuite, certaines zones, comme les pointes des bordures, ou l’intersection de différents bras, modifient le parcours de l’eau et de ses courants sous-marins. La nourriture y est aussi très abondante et il faudra prospecter sur le fond ces postes.

Enfin, si vous cherchez le frais et l’oxygène, finalement il faut se rapprocher des arrivées d’eau. Dans les lacs de barrages, c’est un secteur parfois négligé, mais finalement très prolifique. La rivière apporte naturellement de l’oxygène, de la nourriture et est normalement un apport de source d’eau plus fraîche. Les sandres et perches notamment adorent se placer sous le courant à l’affût des blancs. Cet apport en eau fraîche favorise grandement la survie des carnassiers.

Au fond dans le chaud
Il arrive que parfois, surtout pour le brochet et le black-bass, nous les trouvions collés au fond, dans 5m-6m d’eau, alors que l’eau n’y est pas tellement plus froide. Simplement, ils sont au fond à se nourrir d’écrevisses. Très présentes avec les beaux jours, les poissons s’en font un festin. Je vous conseille d’essayer les rubber jigs et les écrevisses en Carolina sur ces secteurs.
Dans la fournaise estivale, il faut donc observer son milieu et comprendre où seraient les poissons.

Article paru dans le hors série : Pêcheur de France juillet 2026.
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