La période d’ouverture de la pêche en première catégorie et pré-ouverture en seconde catégorie, entre mi-février et fin mars, me permet d’avoir, chaque début de saison, l’opportunité d’en découdre avec les arcs-en-ciel. La région Auvergne-Rhône-Alpes, où je vis, offre de nombreuses possibilités, grâce à la mise en place par plusieurs fédérations de pêche départementales, de parcours spécifiques avec introduction de truites arc-en-ciel. Ces parcours en rivières de première ou deuxième catégorie existant depuis plusieurs années sont sujets à des déversements annuels de poissons de qualité et ont aussi une population de poissons ensauvagés issus de déversements d’années antérieures.
Crédit photo : Laurent Guillermin
Des parcours spécifiques
Cette gestion halieutique sur des cours d’eau de qualité, avec des arcs de belles tailles, côtoyant des truites fario, offre des conditions de pêche attrayantes dans des cadres naturels. Une des caractéristiques intéressantes des truites arc-en-ciel est qu’elles sont plus actives que les farios, tant sur le plan de leurs déplacements que sur le temps passé pour s’alimenter. Ainsi, il m’est arrivé moult fois, sur des zones calmes, d’en voir gober bien avant et bien après la période d’éclosions de saison, maraudant à la recherche du moindre moucheron, alors que pas une fario ne bougeait les nageoires. Cette suractivité ne signifie pas qu’elles sont plus faciles à attraper, elles peuvent se montrer aussi tatillonnes que nos farios bien aimées. Il ne faut donc rien négliger question matériel et tactique de pêche, d’autant plus que, sur un même spot, on peut avoir affaire à une truite arc-en-ciel comme à une fario.
Crédit photo : Laurent Guillermin
Le top en sèche
Dès qu’elles sont ensauvagées, les arcs peuvent vite se montrer craintives et sélectives, il est de bon ton d’en tenir compte afin de soigner ses approches, présentations et choix d’artificielles. Durant cette période avec des eaux encore fraîches, voire froides, je privilégie de préférence des secteurs calmes constitués de lisses ou de fosses peu profondes pour pêcher « en sèche » sur gobage ou en duo sèche/micro nymphe pour « pêcher l’eau ». Ayant un faible pour la pêche en sèche, je me limite à celles-ci le plus souvent, préférant attendre le début du réchauffement des eaux pour aller « nympher » dans les courants. Mes parcours préférés étant sur des rivières larges d’une quinzaine de mètres en moyenne, j’utilise une canne de 10 pieds, soie WF4 et un bas de ligne dégressif de 4 m. Ce kit me permet de m’adapter à toutes les techniques en sèche, mais aussi de pratiquer en noyée et nymphe, si nécessaire. Question mouche, il faut avoir l’œil, car les trois espèces d’insectes pouvant être présentes en tout début de saison seront les petits éphémères Baetidae (Baetis rhodani) en taille 18/16, les chironomes en taille de 18 à 22 et les grands éphémères Rhithrogena (March brown) en taille 10. Il va sans dire que de prévoir des imitations de ces trois mouches est indispensable pour optimiser son jour d’ouverture « en sèche ». Pour ce faire, je n’utilise que des mouches avec ailes en CDC, mais ayant un ratio taille/silhouette impeccable pour imiter au mieux leurs semblables. Pour la nymphe, que je privilégie pour pêcher en mode « sèche /nymphe », sans détour, ce sera une Pheasant tail bille tungstène cuivre de 2 en taille 18, modèle bien adapté pour une pêche fine sur les lisses à léger tirant d’eau. Pour cette technique permettant de pêcher l’eau en l’absence d’activité de surface, l’association d’un cul de canard bien fourni en taille 16 avec cette petite nymphe, les deux montées sur Nylon de 12/100, m’apporte très souvent de belles captures.
L'ouverture de nos journalistes
- Jean-Baptiste Vidal : chercher la tranquilité
- Thierry Millot : objectif arc-en-ciel
- Bernard Galliano : en montagne, en nymphe au fil
- Didier Magnan : au streamer, puis en sèche (à venir)
- Herlé Hamon : au streamer en attendant les gobages