Cela fait bien des années que je n’attends plus cette date pour prendre mes premières truites de la saison. Ce retour aux sources est surtout bénéfique pour l’âme ! Malgré les nombreuses espèces de poissons que j’ai la chance de rechercher en Bretagne, la truite reste mon poisson de cœur. Celle qui a vu naître et fait grandir cette passion dévorante, au point d’en faire mon métier et d’y consacrer toute ma vie ! Ce besoin de retourner aux bords de rivières sauvages, tantôt calmes, tantôt rapides, – ne serait-ce que pour entendre cette douce musique du réveil de la nature et l’eau qui s’écoule comme par magie – est plus fort que tout. Cette eau qui est de plus en plus imprévisible. Les niveaux font le yoyo. Ils sont trop bas ou trop hauts, mais qu’importe, puisque l’essentiel est de se retrouver à ses côtés. La faune et la flore se réveillent doucement et ces odeurs nous transportent et nous remémorent toutes nos sorties passées, accumulées au fil des années.
Crédit photo : Jean-Baptiste Vidal
"The tug is the drug"
Pour cette reprise, je pêche le plus souvent en nymphe au fil. Les poissons y répondent bien et c’est généralement la technique la plus efficace pour les séduire. C’est aussi à ce moment-là que les niveaux permettent de la pratiquer en eau (plus) rapide. Reprendre ses marques et soigner ses dérives, choisir le bon lestage pour chaque poste, déceler la moindre anomalie dans la coulée. Une pêche bien souvent critiquée, mais ô combien technique. Mais si les eaux se sont un peu réchauffées, notamment à la faveur d’un bon coup de soleil printanier, et que quelques insectes sortent ici et là, je sors avec grand plaisir mes noyées, car cette décharge dans le poignet au moment de la touche est toujours aussi plaisante et imprévisible. Comme disent les Anglais : « The tug is the drug ! » L’adaptation est bien souvent la clé et je peux rapidement monter un streamer en pointe si les truites dédaignent monter et poursuivre mes noyées… Mais mon plus grand plaisir est bien sûr de tomber sur une éclosion et quelques poissons postés. Voir ces petits insectes frêles et hésitants sortir timidement de leur enveloppe pour affronter un tout autre univers. Ici, ce sont souvent sedges et perles, et parfois des Baetis, qui, au plus chaud de la journée, peuvent permettre de faire monter nos belles farios aux couleurs toujours aussi splendides, telle une peinture sans cesse renouvelée !
Crédit photo : Jean-Baptiste Vidal
L'ouverture de nos journalistes
- Jean-Baptiste Vidal : chercher la tranquilité
- Thierry Millot : objectif arc-en-ciel
- Bernard Galliano : en montagne, en nymphe au fil
- Didier Magnan : au streamer, puis en sèche (à venir)
- Herlé Hamon : au streamer en attendant les gobages