Le carassin est un poisson combatif qui peuple nos étangs, lacs et aussi canaux. Le capturer à la grande canne est une approche à la fois technique et passionnante, nécessitant une grande finesse dans le montage et une bonne gestion du coup. Ce poisson de plus en plus présent est un adversaire de taille capable d’offrir de belles sensations.
Le carassin : Un Poisson exigeant
On trouve des sujets de toute taille. Si petit le carassin est assez vorace, plus gros, il est méfiant, voire très méfiant. Réputé pour ses touches discrètes et furtives, c’est un poisson qui ne s’installe pas toujours durablement sur un coup et dont le comportement peut être imprévisible. Sa pêche nécessite de la patience et une adaptation constante. En compétition, il joue un rôle important, c’est souvent le bonus qui mène à la victoire et je m’en suis fait une spécialité. De longues heures au bord de l’eau, en France, mais aussi en Angleterre, m’ont permis d’élaborer une approche plutôt efficace.
Matériel : L’Art de la finesse
Malgré sa taille parfois imposante et sa combativité, pour la pêche du carassin, la finesse est de mise. L’objectif est d’utiliser un montage discret tout en étant assez solide pour maîtriser un beau poisson.

● Bien choisir sa distance de pêche : Je cherche toujours le spot le plus profond. Si une pêche en bordure ou à mi-distance est envisageable, il vaut mieux sortir la grande canne. 9 à 13 mètres sont idéales pour prospecter un ou plusieurs coups. Ma canne est systématiquement équipée d’un kit de combat qui me permet d’utiliser un élastique intérieur souple et fin, tout en gardant la maîtrise de la mise à l’épuisette.
● L’élastique intérieur : C’est l’élément crucial pour amortir les rushs des carassins. Un élastique creux d’un diamètre compris entre 1,2 et 1,5mm est polyvalent. Installé sur les deux premiers éléments de la canne, il offre souplesse et assurance. Si vous savez que de gros carassins (plus d’un kg) ou des carpeaux sont également pr ésents, vous pouvez monter jusqu’à 1.8 mm. Comme toujours l’élastique doit être parfaitement adapté à la taille des poissons recherchés, mais aussi au diamètre du nylon employé pour la confection du bas de ligne.
●Les nylons : Pour la réalisation du corps de ligne, un monofilament de 10 à 13/100ème de bonne qualité est suffisant. Les nylons d’aujourd’hui sont résistants et fins à la fois, vous serez surpris des prises que vous pourrez réaliser. Concernant le bas de ligne, il est bien évidemment plus fin que le corps de ligne pour créer un fusible en cas d’accroc. Depuis quelques années maintenant, je confectionne mes bas de ligne en fluorocarbone. Plus raide, il offre davantage de discrétion et la présentation de la terminaison de ligne est parfaite. Je n’hésite pas à descendre très fin en diamètre, de 7 à 11/100ème proportionnellement à celui du corps de ligne.
● L’hameçon : Petit pour rester léger, mais moyen de fer afin de ne pas plier sous la pression, ce sont mes règles. Là encore, je surprends les autres pêcheurs avec qui je discute car j’utilise des tailles comprises entre 16 et…22 surtout lorsque je recours aux vers de vase ou petits vers de terreau. L’ouverture des hameçons est moyenne afin que je puisse jongler entre plusieurs types d’esches vivantes ou végétales.
● Le flotteur : Optez toujours pour un modèle sensible et léger, aussi léger que possible. Il doit représenter un équilibre parfait, à savoir gagner sa destination lentement, mais sûrement, tout en ne dérivant pas sous la force du vent et/ou du courant. Concernant l’antenne, elle doit être adaptée au poids des appâts. On croit souvent à tort que le diamètre de l’antenne croit avec le poids du flotteur. Il n’en est rien, il est tout à fait possible de recourir à un flotteur léger, surmonté d’une antenne visible. Les antennes creuses autorisent cela, offrant une excellent visibilité tout en supportant le poids des appâts. Seul l’équilibrage du flotteur confère la sensibilité, il doit offrir le moins de résistance possible à l’aspiration. Concernant la forme, plus le vent et/ou le courant sont présents, plus le flotteur doit être trapu, mais une forme oblongue est la plus polyvalente

Mes flotteurs préférés pour la pêche du carassin en eaux calmes
| Marque | Guru | Matrix | Preston Innovations |
| Modèle | Slim Maggot | F1 Maggot |
L’amorçage et les appâts : Discrétion et variété
Le carassin est omnivore et opportuniste. Cependant, il préfère souvent les approches discrètes. Vous remarquerez la forme de sa gueule et son amplitude d’ouverture. On dit souvent qu’il « souffle » sur les appâts pour s’en saisir, d’où le côté furtif de ses touches. A la différence des carpes ou des brèmes, ce n’est pas un glouton, mais plutôt un gourmet, il faut donc adapter là aussi ce qu’on lui propose.
● L’amorce : Privilégiez une amorce à faible granulométrie, pas trop collante, et surtout, amorcez peu au départ. Il est toujours possible d’en rajouter en fonction des touches et de l’appétit des poissons. Une amorce classique pour poissons blancs peut très bien faire l’affaire, mais j’utilise en priorité les amorces carnées, à base de farine de poisson (Fishmeal sur les paquets). Il en faut peu, voire très peu et elles sont sélectives. En raison de la présence de pellets broyés, elles sont aussi plus sombres. La texture obtenue après mouillage de l’amorce est elle aussi fondamentale. Si je sais la présence de poissons blancs de petite taille en quantité, mon amorce sera saturée en eau pour ne libérer ses particules que lentement et seulement une fois sur le fond.
● Les appâts : Le carassin affectionne une grande variété d’esches et c’est en jonglant entre les appâts que vous arriverez à le tromper. Je distingue les appâts que j’introduis dans l’amorce ou que je déverse purs à ceux que je place à l’hameçon. Pour ces derniers, je prévois toujours large, en petites quantités, mais en grande variété : Asticots, pinkies, vers de terreau, vers de vase, maïs et aussi pellets mous de petite taille (2 à 4mm) ornent ma desserte. Dans l’amorce, je privilégie des esches inertes pour ne pas disperser la source et m’assurer un repère fixe. J’introduis donc selon les habitudes du lieu des asticots morts, des vers de vase qui sont des valeurs sûres. Simple et efficace, le maïs intéresse tous les beaux poissons. Pour le carassin, je confectionne une purée de maïs très efficace que j’utilise pure ou mélangée à mon amorce. Les carassins adorent les vers coupés, mais je ne les dépose jamais au départ. Si les gros ne sont pas présents, le risque est grand que l’acide des vers hachés ne détruise le coup à terme. Par contre dès que les poissons pointent leur museau, les vers donnent des résultats extraordinaires. Les pellets d’amorçage peuvent se suffire à eux-mêmes. Si je pratique dans un étang à dominance carpe, je vais les utiliser en priorité et surtout ceux de petite taille facilement assimilables par les carassins. Je ne m’interdis pas au contraire, de les mélanger avec des asticots morts ou des vers coupés, des combos très efficaces !

Tentez votre chance sur plusieurs coups, c’est le secret !
Dans la recherche du carassin, la meilleure stratégie est de préparer plusieurs coups et contrairement aux idées reçues, pas toujours à des distances et profondeurs différentes, mais en variant les appâts sur chaque coup et aussi leurs quantités. Je sonde les coups de manière à ce que seule l’antenne pointe à la surface. Mon appât reposera donc de quelques centimètres sur le fond. Je cherche à trouver 2 spots de profondeur identique, me permettant de les explorer avec la même ligne facilement : Un à gauche et un à droite en prenant soin de fixer un repère sur la berge opposée si possible ou sinon selon un axe prédéfini. Le carassin ne se fixe pas toujours sur le coup, il a tendance à « tourner » autour de l’amorce. Je prépare donc toujours deux coups au minimum espacés de 2 mètres environ entre lesquels je jongle en fonction des touches et n’hésite pas à explorer tous les abords. Le premier est amorcé de manière « positive » avec 4 ou 5 boules de la taille d’une clémentine, et le second de manière « négative » à l’aide d’une boule unique. Cela permet d’une de ne pas saturer un coup unique en cas d’une faible présence de poissons, mais aussi de laisser un coup se reposer après des prises successives ou lorsqu’il est réalimenté. Les touches du carassin sont caractéristiques, ferrez au moindre doute. Parfois un simple « toc » est l’indication et l’antenne coule à peine et en un bref clignement d’oeil. La bannière, longueur de nylon entre le scion et le flotteur, doit être réduite à sa plus simple expression afin de dégainer le plus vite possible.
par Olivier Wimmer
