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Trois techniques pour la pêche du sandre en hiver

Carnassier de prédilection de l’hiver, le sandre ne cesse de déchaîner les passions. Mais pour arriver à leurrer ce superbe prédateur, il faut souvent s’armer de patience afin de trouver la technique la mieux adaptée et accéder au succès.

La température de l’eau est passée sous la barre des 5°C. Les sandres ont alors des périodes d’activité plus longues, tout au long de la journée. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont faciles à leurrer. Si le no-kill a l’avantage de redonner une chance de vie au poisson, il lui donne également de l’expérience et donc de la méfiance. Les carnassiers sont alors beaucoup plus attentifs à nos présentations d’artificiels. La moindre faute sur notre ligne se soldera par un refus catégorique du carnassier. Néanmoins, en pratiquant la bonne technique avec les bons leurres, vous pouvez être certains que les résultats seront à la clé. Voyons alors quelles sont les meilleures techniques de traque du sandre dans les rigueurs de l’hiver.

Bien souvent, les premiers à mordre sont les plus petits, bien vite remis à l’eau.
Crédit photo : Damien Modrak

La verticale, des pièges à éviter

Si, en été, la pêche du sandre reste compliquée, en hiver, ces carnassiers sont plus faciles à localiser et donc à leurrer. Au cours de cette saison, le poisson fourrage se rassemble et forme d’immenses bancs très compacts. Les sandres se positionnent toujours à proximité de leur garde-manger. Ce qui facilite alors nos recherches et leur localisation. Toutefois, une fois les carnassiers détectés sur zone, la partie n’est pas gagnée pour autant. Certaines erreurs peuvent fortement compromettre le résultat de nos pêches, notamment lorsque l’on traque les plus gros spécimens. Les gros sandres sont des prédateurs très méfiants. Un plomb qui tombe dans le bateau, une accélération du moteur électrique trop brutale, ou tout autre bruit parasite peuvent mettre ces derniers en alerte, voire en fuite. Il faut alors se montrer méthodique dans votre approche et bien analyser le poste avant de vous positionner. L’observation des courants, les calmes et les obstacles de la zone doivent attirer votre attention. Forts de nos observations en plongée sous-marine, nous savons que les gros sandres sont toujours positionnés en tête, ou en bout de poste. Ce positionnement est stratégique pour ces carnassiers. Souvent marquée par une roche, une cassure ou un obstacle, la tenue amont permet aux gros sujets d’être dissimulés et d’avoir le nez au courant. Ainsi, l’ensemble des proies leur arrive devant la gueule, sans trop de difficulté. Les fins de postes sont également fréquemment colonisées par les gros percidés. Dans ces amortis du courant principal, les bancs de poissons fourrages ballottés par les remous rentrent sur le poste. Vous comprenez alors que vous devez passer sur ces zones dès les premières minutes de votre prospection. L’erreur que beaucoup de pêcheurs commettent, c’est de pêcher trop lentement. Ne stationnez pas au-dessus des échos détectés ! Les gros spécimens connaissent la musique. Le fait de rester en statique au-dessus des carnassiers va alerter les gros sujets de la présence du danger. Croyez-moi, si vous voulez capturer de gros sandres en verticale, restez mobiles. Grâce à nos échosondeurs, nous connaissons notre vitesse de déplacement. Aussi, c’est entre 0,8 et 1,5 km/h que les leurres sont le plus fréquemment attaqués. En fonction des jours et de l’activité des poissons, il faudra tester les prospections plus ou moins rapides. Un autre élément jouant sur le nombre de touches est le poids des têtes plombées. Là encore, rien n’est écrit. Il faut alors tester différentes combinaisons, par rapport aux conditions rencontrées, pour arriver à déclencher des touches. En règle générale, lorsque les eaux sont calmes, une tresse de 12/100 accompagnée d’une tête plombée (TP) d’un poids de 14 g permet de pêcher l’ensemble des postes. Sur des eaux turbides ou sur le cours d’eau en crue, une 14/100 avec une TP de 21 à 28 g sera mieux adaptée.

En eaux troubles, privilégiez des couleurs qui flashent !
Crédit photo : Damien Modrak

Les bons coloris en fonction de l’eau

Veillez à toujours utiliser un bas de ligne en fil fluorocarbone de 25 à 35/100 d’au moins 1 m de long. Il est fréquent en période hivernale d’observer différentes couches d’eau entre la surface et le fond. Une fois de plus, nos observations aquatiques nous ont permis d’observer certaines choses assez surprenantes. L’eau de surface relativement trouble (moins de 30 cm de visibilité) n’est pas forcément la même au ras du fond. Elle peut même être parfaitement claire à 1 m au-dessus de celui-ci (plus de 2 m de visibilité). Ce phénomène se produit à chaque fois, lors des transitions estivales et hivernales. L’eau chaude de surface ne se mélange pas avec l’eau froide du fond. C’est pour cela que nous pouvons avoir deux couches d’eau complètement différentes. Vous comprenez alors qu’en fonction des niveaux d’eau, il faudra tenter différents coloris de leurres pour découvrir la tendance du jour. En période de crue, la question ne se pose pas, car tout devient marron. Dans ces conditions, les couleurs flash l’emportent avec en premier choix l’orange, le jaune, le chartreux et le rose. Le blanc est un coloris qui fonctionne assez bien lorsque les eaux sont légèrement teintées. Quand l’eau est claire, les coloris naturels sont les plus efficaces. Une autre erreur que beaucoup de pêcheurs commettent est de pêcher avec des leurres trop petits. Bien sûr, vous aurez plus de touches en pêchant avec un shad de 3-4 pouces qu’avec un de 6, voire 8 pouces. Mais le problème de capturer des poissons de 50 ou même 60 cm, c’est que les gros carnassiers de 90 cm et plus, vont être mis en alerte. Alors, lorsque vous prospectez votre zone, réalisez toujours vos premiers passages avec de gros souples, afin d’éviter dans un premier temps les poissons de tailles moyennes et ainsi cibler les sandres trophées.

Un beau spécimen pris en drop shot par l’auteur.
Crédit photo : Damien Modrak

Le drop shot

Technique reine des postes calmes en eaux froides, le drop permet de déclencher l’agressivité de carnassiers inactifs. Pouvant être employée du bord comme en bateau, cette technique doit cependant être pratiquée avec des cannes relativement souples. La souplesse du carbone va en effet permettre d’optimiser les animations statiques sans bouger le lest. S’agissant des leurres souples, les fin’s sont redoutables sur cette technique. En matière de stratégie, comme pour la verticale, commencez votre prospection avec de gros leurres. Sur des tailles 6, voire 8 pouces, il est important que l’hameçon soit placé au milieu du leurre, afin qu’en cas de touche, la pointe soit en gueule. Pour ce faire, les hameçons « texans » restent une bonne solution. De par leur forme, ils permettent de prospecter des zones encombrées. Après plusieurs passages réalisés, si rien ne s’est produit, changez votre leurre : dans un premier temps, la couleur, et par la suite, de taille. Très souvent, l’ensemble des pêcheurs change de poste trop rapidement en pensant trouver le succès sur une autre zone. En réalité, il faut souvent chercher le leurre qui fera la différence, et au sandre, c’est un vrai casse-tête ! Concernant les animations, essayez toujours de visualiser le mouvement de l’artificiel. Après deux-trois tirées sèches, ressemblant à de petits ferrages, détendez la bannière de votre ligne. C’est souvent à cet instant que la touche survient. Afin d’augmenter vos chances de réussite dans cette technique, n’oubliez pas l’attractant ! Les leurres enduits de crème ou d’huile attractive augmentent le nombre de touches. Les parfums carnés, de poissons et d’ail, sont réellement efficaces sur les percidés. Il ne faut donc pas douter de leur utilité.

L'efficacité des attractants

Il n’y a pas besoin de faire de grands discours. Les attractants fonctionnent réellement ! Quelle que soit la technique employée, que ce soit sous forme d’huile ou de crème, le parfum carné augmente réellement le nombre de touches. Surtout lorsque les eaux sont froides et les carnassiers léthargiques. Cette petite touche olfactive va permettre de déclencher l’agressivité des carnassiers les plus récalcitrants. Il faut comprendre qu’après plusieurs passages sous le nez des poissons, ces effluves vont mettre les sandres en appétit. Il n’est pas rare de ne pas avoir de touche à l’arrivée sur un poste et d’enchaîner les captures peu de temps après. Alors n’hésitez plus à utiliser cette astuce sur vos leurres.

Damien nous présente son montage tirette.
Crédit photo : Damien Modrak

La tirette linéaire

Souvent méconnue, cette technique de pêche lente est pourtant redoutable en eau froide. La tirette linéaire consiste à traîner sur le fond un plomb. Le montage est réalisé sur un corps de ligne allant de 14 à 17/100. Le lest peut être un plomb tyrolien ou un plomb poire. Il est suivi par un émerillon baril permettant de raccorder un bas de ligne en fluorocarbone de 35/100 d’environ 80 cm de long. Sur ce dernier, est enfilée une boule flottante (en liège ou en mousse) qui va permettre de décoller du fond un leurre souple monté sur un hameçon texan. L’animation se réalise canne basse, la pointe au ras de l’eau, en moulinant lentement et en réalisant des petites pauses de plusieurs secondes. Le plomb évolue sur le fond et va soulever dans son sillage les sédiments. Un petit nuage de particules en suspension va alors suivre le leurre, qui va passer à environ 10-15 cm au-dessus du fond. Les sandres curieux viennent alors voir ce qui se déplace sur le fond. Il n’est pas rare dans ces cas-là de ressentir de toutes petites touches avant d’être stoppé. Paradoxalement, même s’il y a un long bas de ligne, les touches sont souvent violentes, et le leurre est d’ordinaire profondément engagé. Du bord, cette technique reste facile à pratiquer à condition d’avoir une canne suffisamment longue afin d’atteindre de belles distances de lancer. De ce fait, la puissance de celle-ci doit être assez élevée pour pouvoir propulser des plombs de 20 à 50 g. Une canne de 50 à 80 g équipée d’un moulinet en taille 4000 garni d’une tresse en 15/100 forme un ensemble parfait pour cette traque du bord. 

La pêche à la tirette au leurre est redoutable en hiver.
Crédit photo : Damien Modrak

Les postes à sandre de l'hiver

En eau froide, l’ensemble des poissons descend dans la couche d’eau. Lorsque cette dernière est claire, il n’y a pas de doutes, les carnassiers vont suivre les bancs de poissons blancs sous la barre des 10, voire 15 m de profondeur. Il faut alors prospecter les parties les plus profondes du cours d’eau. Mais, lorsqu’arrive la période des crues, les carnassiers vont venir suivre le garde-manger tout près du bord. Il ne faut donc pas avoir peur de pêcher dans moins de 2 m, et même en verticale ! Les bordures nous réservent toujours de belles surprises.

Par eau basse et claire, les plombées légères et les coloris neutres sont de loin les plus rentables.
Crédit photo : DR

 

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