Obladi, oblada : le poisson de l’été


par Bill François

Sur les côtes méditerranéennes, impossible de passer à côté. L’oblade est partout, sur les plages, dans les ports, en pleine eau… et c’est un poisson bien plus intéressant à pêcher qu’il n’y paraît.

Poisson poubelle ou poisson de sport ?

Si vous demandez à un pêcheur méditerranéen comment pêcher l’oblade, il y a de fortes chances qu’on se moque de vous.

Poisson très abondant, l’oblade est très méprisée. Comme elle est facile à prendre, peu de gens s’intéressent à la rechercher. Pourtant, soyons objectifs, c’est un poisson sportif et carnassier, qui mord au leurre, offre des touches éclair et des combats redoutables, presque dignes d’une bonite miniature. Il faut dire que l’oblade a de qui tenir, elle appartient à une famille noble, celle des sparidés, qui compte des stars comme le pagre, la daurade ou le denti.


Mettons donc de côté les préjugés et allons traquer ce poisson, qui nous réservera bien des surprises. D’ailleurs, si peu de pêcheurs s’intéressent à l’oblade que le record de France est encore bloqué à 600 grammes, un poisson pris en 2002. Vous verrez vite que les oblades beaucoup plus grosses ne sont pas rares. Avis aux amateurs de prises record…

Comment la reconnaitre ?

Une forme ovale, un aspect bleuté, et un point noir cerclé de blanc sur le pédoncule caudal, qui lui vaut son nom scientifique d’Oblada melanura, Oblada voulant dire le « poisson offert » (car il est facile à capturer) et melanura la queue noire. L’oblade est facile à voir sous l’eau avec un masque, mais se repère aussi très bien hors de l’eau.

Où la trouver ?

L’oblade apprécie tous types de milieux, tant qu’il y a de la nourriture en abondance.

Les ports sont donc un de ses lieux de prédilection. En particulier si des bateaux, des touristes ou des bouches d’égoût jettent de la nourriture dans l’eau. Mieux encore : les mouillages en mer, quand de nombreux navires de plaisance s’ammarrent devant une plage célèbre, comme c’est le cas devant Saint-Tropez. Pas moyen de jeter un croûton dans l’eau sans qu’une nuée d’oblades s’en saisisse. Pour les mêmes raisons, l’oblade fréquente beaucoup les plages, surtout au milieu des touristes.


C’est l’occasion de faire une pêche ludique et rapide, lors d’une virée en famille dont la pêche n’était pas l’objectif.

Et peut-être de « convertir » certains de vos proches à cette passion. En tous cas, il n’y aura pas à attendre bien longtemps. Et bonne nouvelle, l’oblade mord volontiers à une multitude de techniques.


En Corse ou sur le continent, emmenez un ensemble UL et ajoutez l’oblade à la carte postale de vos vacances pour des pêches fun et explosives.

Un poisson, quatre techniques

Voici quatre techniques ludiques et faciles qui vous permettront de prendre des oblades, et avec elles, de faire le plein de sensations.

Au leurre :

Le rockfishing est la technique reine. Un ensemble ultraléger comme pour la perche ou la truite et les mêmes leurres feront l’affaire. De petits leurres souples grub ou shad en 1 ou 2 pouces, sur tête plombée entre 1 et 5 grammes, et le tour est joué.

Variez les profondeurs pour localiser les poissons, mais attention à bien desserrer le frein car le premier rush sera explosif ! A pratiquer dans les ports, le long des jetées mais aussi depuis n’importe quelle côte rocheuse tant qu’il y a au moins 2 mètres d’eau, ou le long des plages de sable là où vous avez pied.

A la traine :

Lors d’une virée en bateau, si vous naviguez à moins de 5 nœuds, laissez trainer une ou deux ligne à 30 à 50 mètres de l’embarcation. Petites plumes, petits raglous sans plomb ou poisson-nageur Artist de moins de 10cm feront l’affaire. Pour les oblades, ne pas hésiter à traîner dès la sortie du port (ou même dans le port si c’est autorisé).

Au pain :

Technique parfaite pour les plages, les ports et près des embarcations au mouillages. Jetez un morceau de pain ou plusieurs pour amorcer. Si les oblades sont dans les parages, elles se jetteront sur le pain avec violence et se reconnaitront à leurs reflets bleutés. Libre à vous de les pêcher alors avec du pain, avec des leurres ou même à la mouche, sur n’importe quelle mouche qui ressemble à du pain !

L’idéal pour apprendre aux enfants. Parfois, ce sont plutôt des saupes ou des mulets qui attaquent le pain, on les reconnait alors à des « gobages » plus calmes et ils mordent bien sur du pain ou tout ce qui y ressemble.


Les oblades rôdent en grands bancs autour des bateaux au mouillage. Le moindre bout de pain à l’eau et c’est la touche !

Au toc :

Un montage comme au toc à la truite vous permettra de chercher les oblades dans le ressac à l’aplomb des rochers (attention à ne pas s’aventurer sur des rochers dangereux). Mais aussi dans les ports (on peut alors ajouter un bouchon). Le jour, il est bon d’amorcer avec du pain ou de la pâte maison (chaque pêcheur a sa recette ; quelques sardines et de la farine, du fromage, de l’amorce ou de la mie de pain… mélangez … et c’est fait). De nuit, il suffit d’un ver lancé parmi les rochers – on peut alors attraper un grand nombre d’autres espèces aussi.


Quatre leurres à oblade :


Le Rockvibe Shad de Reins, 2’’


Un incontournable du rockfishing, du streetfishing et de toutes les pêches en ultraléger, ce petit shad à la vibration très rapide ravira les oblades, en drop shot comme sur tête plombée.


Le G-Tail Saturn de Reins, 2,5’’


Très efficace aussi, et un bon moyen de varier les vibrations quand vous aurez déjà pris quelques poissons avec le Rockvibe et que le banc semblera s’être calmé.

Le Jackson Artist 80

Le Jackson Artist 80


Au lancer comme en traine, ce leurre prendra des oblades mais aussi et surtout toutes sortes de « tout-venant », chinchards, maquereaux, bonites, loups, tassergals… de quoi avoir de belles surprises.

Le pain de Chaillou de La Sirène X21



Le pain de Chaillou de La Sirène X21

Bon, ce n’est pas vraiment un leurre, certes. Mais ce pain « qui colle à l’hameçon » reste un indémodable des pêches en mer, en particulier de l’oblade. Si vous pêchez régulièrement au coup ou au toc, il vaut l’investissement (modique, environ 3 euros le paquet) car il évite de devoir recharger l’hameçon trop souvent.


Côté cuisine :


Comme beaucoup de poissons « non nobles », l’oblade a mauvaise réputation en cuisine, mais est en fait délicieuse si elle est préparée assez fraiche et correctement. Deux impératifs cependant : ne pas la pêcher dans des lieux pollués comme les ports, et la vider directement après la pêche, sans attendre. Sa chair est délicate et se prête bien à une cuisson basse température. Ou au barbecue, roulée dans des feuilles de figuier. Les petits spécimens seront bons en friture.

Retrouvez le sommaire du n° 970 : https://peche-poissons.com/actualites/970-aout-2026-peches-de-vacances/

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