Les sites du groupe Info6TM

Les fusées d'argent du Mayo

C’est surtout en estuaire que Richy Biggar aime guider ses clients à la recherche de la truite de mer. En matière de grand espace, on n’est pas déçu.

Crédit photo Thierry Sauvin

Près de Wesport, dans le nord-ouest de l’Irlande, Thierry Sauvin a fait la connaissance d’un guide de pêche local, Richy Biggar, réputé pour ses parfaites connaissance et maîtrise de la pêche de la truite de mer. Il n’en fallait pas plus pour que Thierry lui emboîte le pas, désireux d’en savoir un peu plus sur ces magnifiques poissons, méfiants et retors à souhait. 

Le hasard fait parfois bien les choses qui, un jour, me fit croiser la route de Richy Biggar, guide de pêche en Irlande depuis une dizaine d’années. Il habite Westport, charmante petite ville nichée au fond de Clew Bay dont on dit qu’elle compte autant d’îles que de jours dans l’année. Spécialiste de la truite de mer en estuaire, Richy Biggar fréquente en effet les mêmes spots que ceux que je pêche souvent l’été, notamment au nord-ouest du pays, dans le comté de Mayo, bien moins fréquenté que son voisin très médiatisé qu’est le Connemara. Sauvage et tourmentée, la région est une destination de choix pour qui, comme moi, aime les grands espaces.

C’est surtout en estuaire que Richy Biggar aime guider ses clients à la recherche de la truite de mer. En matière de grand espace, on n’est pas déçu.
Crédit photo : Thierry Sauvin

Une migration... de proximité

Racée, nerveuse, reine de la cabriole, la truite de mer est donc le poisson fétiche de Richy qui n’hésite pas à parler d’addiction ! Elle est, on le sait, la forme migratrice de la truite fario. Elle bénéficie donc d’une alimentation différente qui lui permet de prendre rapidement des formes et de grossir bien plus qu’une truite sédentaire. Contrairement aux saumons qui, pour la plupart, séjournent deux années en mer et n’hésitent pas à aller s’engraisser jusqu’en Arctique, la truite de mer n’effectue pas de grande migration. Elle reste près des côtes et dans les estuaires. Durant son séjour en mer, elle se nourrit de crevettes, de crustacés, de vers et même, pour les plus voraces, de sprats, de sardinelles et de lançons. En fait, sa taille dépend de la durée de ce séjour en mer. C’est à partir de novembre que l’appel du frai se fait sentir. Les truites de mer accélèrent alors leur retour vers les frayères, sur l’amont des cours d’eau. Les jeunes restent ensuite un à trois ans dans leur rivière natale avant de se transformer et d’entamer leur dévalaison (processus de smoltification).

Richy connaît sa région comme sa poche, aussi, pêcher en sa compagnie est une véritable opportunité de découvrir le potentiel du magnifique comté de Mayo.
Crédit photo : Thierry Sauvin

Apprenez l'anglais

Professeur d’anglais francophone car ayant enseigné aussi du côté de Nancy, Richy propose à ceux qui le souhaitent une formule originale : prendre un cours d’anglais tout en pêchant ! Intéressant pour ceux qui souhaitent progresser dans la langue de Shakespeare sans se prendre la tête et excellente excuse… pour aller à la pêche. Richy anime également des sessions pour enfants et ados.

Des poissons qui bougent

Les Irlandais appellent finnocks les poissons remontant en eau douce après s’être nourris en mer entre deux et quatre mois. Leur taille ne dépasse guère les 45 cm. Celles qui passent un hiver en mer mesurent entre 45 et 60 cm. Au-delà de deux hivers, elles atteignent de belles tailles, supérieures à 60 cm. Sur cette côte ouest irlandaise, la taille des poissons est modeste car 60 % sont des finnocks qui ne dépassent pas les 500 g. La saison va de mai à fin octobre avec un regain d’activité en juin-juillet. Les estuaires répertoriés, où coquillages, crustacés, vers et menu fretin foisonnent, sont de bons secteurs. « Mais les truites de mer ne sont pas partout, prévient Richy. Il faut rechercher tout ce qui casse l’uniformité du terrain. Ces poissons ont la bougeotte et aiment les zones oxygénées, à la lisière des courants rapides. » Ces courants de marée peuvent devenir très puissants dès qu’ils se forment dans un goulot d’étranglement. Ce sont aussi d’excellents spots à pêcher à la mouche. Par endroits, on se croirait en grande rivière. Les secteurs où se mêlent sable et roches recouvertes d’algues sont très prometteurs. Les truites de mer, comme les bars (mais les deux espèces ne cohabitent pas), aiment musarder sur ces spots très riches. Sur certains secteurs, il est préférable de pêcher dès la mi-marée montante et avec un coefficient de marée assez conséquent. En revanche, à l’étale de haute mer, le courant disparaît et les truites perdent appétit et agressivité. Connaître les horaires des marées est donc très important car ces poissons sont très mobiles.

Le pic d’activité de la truite de mer se situe en début d’été, entre juin et juillet, ce qui rend sa pêche toujours bien agréable même si la météo reste de toute façon très irlandaise…
Crédit photo : Thierry Sauvin

Discrétion indispensable

La truite de mer est aussi très active de nuit et il est judicieux de la rechercher tôt le matin et tard le soir, si tant est bien sûr que les heures de marée collent avec ces moments. Pour Richy, les météos qui selon son expression « ne disent rien » – pas de vent, pas de lumière et solide crachin ! – sont généralement très prometteuses. « Quelle que soit la technique de pêche, il faut être hyper discret, insiste Richy. La truite de mer est très méfiante même si, en mer, elle l’est moins qu’en rivière. » Des vaguelettes sont utiles pour cacher le pêcheur à la vue du poisson. Les truites aimant longer le rivage, comme les bars, il est essentiel de faire ses premiers lancers en se tenant en retrait. Sans succès, on peut alors s’avancer voire entrer dans l’eau pour atteindre une belle veine de courant éloignée. Richy aime pêcher à la mouche mais pratique surtout aux leurres pour atteindre les poissons qui se tiennent loin du bord. Les leurres que préconise Richy sont de belles tailles, comparés aux modèles à truite classiques. « De nombreux pêcheurs ont tendance à utiliser des leurres trop petits, précise-t-il. Or, il faut brasser de l’eau et même quand les truites de mer se nourrissent, on doit parier aussi sur leur agressivité ! »

La majorité des poissons capturés ne séjournent que peu de temps en mer, ce qui ne leur laisse pas le temps de réellement grossir.
Crédit photo : Thierry Sauvin

Faire avec le vent

Les poissons-nageurs à bavette de 6 à 10 cm (8 à 12 g) sont efficaces mais se lancent assez mal dans le vent. Le préféré de Richy est le fameux Ripple Popper (K-Ten). Grâce à son système de transfert de masse, il peut atteindre de grandes distances. Ce leurre de surface, au nez biseauté, se travaille bien en walking the dog ou par petits coups de scion saccadés. Animé en linéaire, on peut aussi lui faire faire de très belles glissades latérales, extrêmement suggestives. Richy utilise également des casting jigs assez légers (7 à 12 g), qui se lancent eux aussi très loin. La touche est souvent violente. Gare aux cabrioles car la truite de mer saute sans cesse pour se libérer et y parvient souvent. S’agissant des coloris, Richy opte pour des couleurs froides (bleu, blanc) quand les truites en ont après le menu fretin (sprats, sardinelles). Mais il reconnaît que le rose est également très efficace sans que, il l’avoue franchement, il sache très bien pourquoi ! Tout juste évoque-t-il l’idée qu’un peu de fantaisie pourrait les attirer… Richy apprécie aussi les casting jigs décorés de stries verticales. « Je pense que la vision des poissons est basée sur les contrastes plus que sur les couleurs elles-mêmes, avance Richy. Les leurres à rayures bien contrastées offrent un signal visuel repérable de loin. »

Pêchable en mer du bord, la truite impose cependant parfois de s’avancer assez loin pour atteindre les courants de marée qu’elle aime longer. Il faut savoir évoluer avec prudence.
Crédit photo : Thierry Sauvin

Aux petits soins

Même si elles ne sont plus aussi abondantes qu’autrefois, les cours d’eau du comté de Mayo voient encore passer de belles remontées, pour le plus grand plaisir des pêcheurs. Et les solliciter en estuaire ou en bord de mer est rien moins que passionnant. Ce que j’ai fait deux jours durant, en mettant mes pas dans ceux de Richy. Cet homme-là est un guide très investi et il fera tout ce qu’il peut, au-delà même de votre imagination, pour vous faire prendre une white trout. Démarrer le matin dans la baie de Westport, du côté de Mulrany, au lieu-dit du Corraun ou de Ballicroy, l’estuaire de la Bellaveeny, et filer plus haut l’après-midi, jusqu’au nord du comté, dans la baie de Killala, pour prospecter l’estuaire de la Moy. En fait, tous ces choix découlent de l’orientation du vent et des horaires de marée, paramètres que Richy gère impeccablement.

Dans l’arsenal complet du pêcheur aux leurres en mer, le choix du casting jig s’impose quand il faut allonger ses distances de lancer pour atteindre les veines de courant porteuses.
Crédit photo : Thierry Sauvin

Le matériel de base

  • Canne : spinning 2,10m – 5-15g
  • Moulinet : taille 2000
  • Tresse : 10/100
  • Bas de ligne : 5m de fluorocarbone 20/100
  • Leurres : Ripple Popper (K-Ten) 9cm, Patchinko (Xorus) 12cm, Water Monitor (Illex) 9,5cm, Sandeel Pencil (Savage Gear) 9cm (13g), Bony (Hart) 18g, LRF (Savage Gear) 8-10g, Streamer (sprats, sardinelles, lançons), Muddler Minnow.

La belle cerise

Si vous prévoyez un passage dans sa région, quand nous pourrons de nouveau aller ici et là librement, n’hésitez pas à le contacter, vous ne serez pas déçu. Guide de pêche mais aussi guide de territoire, Richy vous fera découvrir coins et recoins d’un comté superbe et magique et qui sait, peut-être aurez-vous la chance, comme ce fut mon cas en pêchant la truite de mer au poisson-nageur, de tomber sur un joli saumon. Une sacrée cerise sur un bien beau gâteau !

Le coup du soir à la mouche, pour peu que les truites ne croisent pas trop loin, est un petit plaisir qui ne saurait se refuser.
Crédit photo : Thierry Sauvin

Renseignements pratiques

FORMALITES
Zone euro
Aucun visa nécessaire
Passeport en cours de validité

RÉGLEMENTATION
Licence d’état migrateurs obligatoire (mer et rivière)
Taille légale : 40 cm
Infos : Inland Fisheries Ireland - Abbey Street – Ballina - Tél. +353 (0)96 22788

VOYAGE
Vols quotidiens entre la France et Dublin
Location véhicule : 250 à 300 € la semaine
Par bateau : depuis Roscoff ou Cherbourg

DÉCALAGE HORAIRE
Une heure entre la France et l’Irlande (-1 h)

SAISON DE PÊCHE
Mai-octobre
Pic : juin-juillet

PRESTATION
Guidage à la journée
1 ou 2 pêcheurs
2 premiers leurres fournis

TARIFS
80 € (base 1)
70 € (base 2)

DÉTAILLANTS
Tiernan Brothers - Main Street – Foxford - Co. Mayo 
Ballina Angling Center - 55 Ridge Pool Road - Ballina – Co. Mayo

ADRESSES UTILES
Ambassade de France - 66, Fitzwilliam Lane - Dublin 2 – Irlande - Tél. (+353) 1 277 5000
Office du Tourisme irlandais - Tél. 01 70 20 00 20 - Site : www.ireland.com/fr-be/

CONTACT
Richy Biggar - Fish The Wild Atlantic - Tél. +353 (0)87 3688 713 - E-mail: info@fishthewildatlantic.com - Site : www.fishthewildatlantic.com/about.html

Le charme éternel de la verte Irlande, sa lumière, la magie de ses paysages et l’incomparable plaisir d’y pêcher des jours durant.
Crédit photo : Thierry Sauvin

"Pour recevoir chaque semaine toutes les actus de la pêche, nos concours, nos bons plans, nos sorties vidéos, nos articles gratuits et bien plus encore... inscrivez-vous vite à notre Newsletter !"

Je m’inscris à la newsletter

A l'étranger

Magazine n°911 - avril 2021

Div qui contient le message d'alerte
Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?

Contactez le service client abonnements@info6tm.com - 01.40.05.23.15