À l’origine, la pêche en loch style se pratique en bateau sur les grands lacs britanniques et irlandais. Elle consiste à lancer, vent dans le dos, un train de trois mouches noyées. Les mouches ayant pris contact avec la surface, on réalise des tirées marquées de la main gauche pour les faire vivre. Généralement, on réalise ainsi trois grandes tirées, avant de relever lentement la canne et de relancer en évitant tout faux lancer pour que les mouches ne sèchent pas. Pour la recherche spécifique du brochet, ce type d’approche convient parfaitement, même si on n’utilise alors qu’une seule imitation bien sûr, pour prospecter les bordures peu profondes et les hauts-fonds.
Du bord ou en bateau
Dans ce cas de figure, une soie flottante est alors idéale. En ne réalisant que trois grandes tirées, la mouche n’a pas le temps de couler, ce qui permet de pêcher près de la surface au-dessus des tapis herbeux. On peut bien sûr pratiquer du bord comme en bateau. Mais il faut toujours pêcher court, à 10 m maximum. En rivière, il est souvent payant de pratiquer en remontant le courant, ce qui permet à la mouche, en redescendant, de prendre un peu de profondeur. Sinon, en plan d’eau par exemple, pour pêcher un peu plus profondément, on peut utiliser un bas de ligne intermédiaire (type Polyleader) pour faciliter l’immersion de la mouche. On peut aussi utiliser une mouche lestée sur la hampe de l’hameçon, voire pincer un plomb fendu en tête de la mouche. En hiver, au plus chaud (ou plutôt au moins froid…) de la journée, si les ablettes sont en activité, ce type d’animation en loch style réserve souvent de belles surprises. Aussitôt posée à la surface de l’eau, il est judicieux d’entamer immédiatement l’animation en faisant des tirées énergiques afin de créer un sillage.
Pas de faux-lancers
Faites, par exemple, trois grandes tirées avec la main gauche si vous êtes droitier, levez la canne afin que la mouche se mette à glisser à la surface de l’eau puis arrachez la soie et relancez en évitant de faire un faux lancer afin que la mouche toujours bien imbibée d’eau vienne se poser bruyamment en surface. En général, un brochet repérant cet impact volontairement grossier va réagir immédiatement en la saisissant. Inutile en effet d’être trop discret ici, bien au contraire : rien de tel pour interpeller un prédateur qu’un posé bien gras, bien bruyant. La touche survient souvent immédiatement, dès la première tirée, et les décrochages sont finalement assez rares.
Soigner le premier
Il est inutile aussi d’insister au même endroit. Trois lancers sur un même poste suffisent, le premier, celui qu’il ne faut surtout pas rater, étant le plus souvent déterminant ! On dépense ainsi beaucoup d’énergie à la longue mais le jeu en vaut la chandelle… qui ne manquera pas de suivre votre ferrage bien appuyé ! Pour ce type de pêche, une canne de 9 pieds, d’action de pointe progressive pour soie flottante n°8 ou 9 WF (fuseau décalé) convient parfaitement. Si le vent est vraiment présent, une canne pour soie n°9 est préférable, surtout avec des imitations de grosse taille.
Faire simple
Il est inutile de réaliser un bas de ligne dégressif. Un seul tenant en fluorocarbone 45/100, de la longueur de la canne, suivi d’une pointe également en fluorocarbone (60 à 75/100) ou d’un avançon souple et gainé au bout duquel est fixée une agrafe suffit amplement. Quant aux mouches, il est utile d’en disposer dans des tailles différentes (n°2/0 à 6/0), correspondant à celle du poisson fourrage, voire un peu plus grosses, pour se faire remarquer.
Le matériel de Thierry
- Canne : Predator (Redington) 9’ soie n°9
- Moulinet : Behemoth 7-8 (Redington)
- Soie flottante : WF9 Monster (JMC)
- Soie intermédiaire : WF9 Pike Streamer (Airflo)
- Fluorocarbone : 45/100
- Pointe : 60 à 75/100
- Polyleader : intermédiaire salmon-steelhead (Airflo)
- Mouches : hameçon simple n° 2/0 à 6/0, tube flies