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Le montage texan pour la mer

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Crédit photo Franck Ripault

Mis au point par les pêcheurs de black-bass américains, d’où son nom, le montage texan s’est vite révélé tout aussi efficace dans bien d’autres approches dès lors qu’il s’agit d’explorer des spots très encombrés. Et la mer, que l’on pêche du bord ou au large, n’en manque pas !

Rappelons s’il en est besoin le principe de l’hameçon texan dont la forme, la pointe affleurant sur le dos, permet au leurre de glisser dans les endroits les plus encombrés, là où un montage classique sur tête plombée accrocherait à tous les coups. Bien choisir cet hameçon est donc une étape à ne pas négliger. Il faut que le dégagement, c’est-à-dire l’espace compris entre la hampe et le ventre du leurre, soit suffisamment important pour que la pointe s’extraie à la touche pour piquer. Sans tomber dans l’excès, il vaut mieux voir un peu trop large que trop étroit.

C’est sur ce type de spot, un immense champ d’algues très peu profond souvent très bien fréquenté, qu’un montage texan révèle tout son intérêt.
Crédit photo : Franck Ripault

Le bon hameçon

Sur des leurres trapus, type shad, on utilise des hameçons texans à large ouverture, dits Wide Gap, les plus polyvalents et qui occasionnent le moins de ratés. Installé sur l’hameçon, le leurre reste bien dans l’axe de l’œillet et de la pointe. Certains shads possèdent une petite rainure dorsale camouflant la pointe de l’hameçon. Sur les leurres fins et effilés (slugs, worms), les hameçons texans de type Offset, dont l’ouverture est plus réduite, conviennent mieux. Leur pointe est légèrement décalée par rapport à l’œillet, un peu moins discrète. Ce type d’armement est donc légèrement moins protecteur. Sur les plus petits leurres (pêches finesses), un hameçon assez fin de fer est préférable. Sur des leurres plus gros, un Wide Gap plus fort de fer est conseillé, ne serait-ce que pour assurer un ferrage bien musclé.

Un leurre finesse, un texan fin de fer… de quoi leurrer les bars les plus méfiants.
Crédit photo : Franck Ripault

Gomme souple

S’agissant de la taille de cet hameçon, celle de sa hampe doit correspondre approximativement au tiers de celle du leurre, en tout cas jamais plus de la moitié. Enfin, toujours pour des raisons d’efficacité du ferrage, il faut privilégier les leurres dont la gomme est hyper souple, ce qui facilite le dégagement de la pointe sous la pression des mâchoires du poisson.

Sans aucun lest, on va pouvoir impulser au leurre souple des animations discrètes et très naturelles.
Crédit photo : Franck Ripault

Weightless

Certains prédateurs, bar en particulier, aiment musarder près du bord, dans très peu d’eau, là où se tiennent crabes verts, crevettes et poisson fourrage. Pour prospecter sans risque ces postes tapissés de roches et de laminaires, rien ne vaut un montage dit weightless, c’est-à-dire sans aucun lest. Le leurre adoptera alors une nage plutôt planante. Ce type de montage est également très intéressant pour explorer les abords des parcs à huîtres, véritables garde-manger regorgeant de nourriture. Avec une tresse fine (une 8 brins, 10 à 14/100, en fonction du poids du leurre), il est possible de lancer à bonne distance, notamment les leurres souples salés dans la masse, qui sont les plus denses. Ce montage est très discret, le bruit de l’impact du leurre en surface étant réduit.

Lests sur l'avant (en haut), central (au milieu) ou à l'arrière (en bas). À la récupération, la position du lest sur la hampe va influencer directement la descente du leurre sur une pause.
Crédit photo : Thierry Sauvin

Lestés sur la hampe

Pour pêcher plus creux, accélérer la vitesse d’immersion ou lancer plus loin, on peut utiliser les hameçons texans lestés par un petit enrobage de plomb sur la hampe. On distingue différents modèles. Avec un lest situé à l’avant de la hampe, le leurre aura tendance à piquer du nez. Un montage intéressant pour prospecter les interstices entre rochers et pour une pêche plus précise. Si le lest est situé bien au centre de la hampe, type Worm 102 (Decoy) par exemple, la nage sera plus planante, permettant de prospecter les secteurs peu profonds. Lors d’une pause, le leurre va couler lentement, bien à l’horizontale avec souvent un léger rolling. Enfin, avec un lest positionné près de la courbure de l’hameçon, le leurre aura tendance à basculer vers l’arrière. Une imitation d’écrevisse, montée à l’envers, piquée par la tête avec l’hameçon ressortant sur l’arrière, va lui donner un comportement très réaliste, le leurre semblant reculer sur chaque relâché, parfait pour prospecter les abords des parcs ostréicoles. De manière générale, il convient toutefois de vérifier que l’épaisseur du plomb ne contrarie pas le dégagement de la pointe, et éventuellement, de choisir une taille d’hameçon supérieure ou un leurre ayant une large fente ventrale.

Il faut veiller à ce que le débattement soit suffisant pour assurer l’efficacité du ferrage.
Crédit photo : Franck Ripault

Plombés en tête

Les montages texans conviennent également pour évoluer en profondeur et notamment sur des pêches à gratter. Les fameux Black Minnow (Fiiish) et Astushad (AstuFish), leurres installés sur une tête plombée articulée reliée à un hameçon texan, ont été conçus pour ça. Mentionnons aussi le plomb Cheburashka (Swimy), enfilé sur une agrafe traversante qui permet de relier d’un côté la ligne et de l’autre l’hameçon texan qui apporte ce même principe d’articulation. Cela permet en outre de changer le poids du lest rapidement, en fonction des caractéristiques de chaque poste.

Le concept du célèbre Black Minnow (Fiiish) est basé sur l’articulation d’une tête plombée et d’un hameçon texan.
Crédit photo : Thierry Sauvin

En surface

Pour faire évoluer bruyamment un leurre souple en surface (technique dite du buzzing), on privilégie un autre système de fixation. On utilise alors un hameçon texan équipé d’un petit ressort en tête que l’on visse dans la tête du leurre, le plus souvent un shad. Cette fixation résiste mieux aux lancers répétés et aux chocs avec les obstacles éventuels. Avec un montage weightless, on récupère canne haute, en ménageant éventuellement quelques tirées plus franches, l’objectif étant que la caudale du shad génère le plus de turbulences possible en surface. Le leurre ne doit pas passer inaperçu ! Cette technique est parfois la seule capable de faire bouger des poissons qui refusent de monter en surface, par exemple. On se passe d’agrafe ici (voir encadré) pour passer dans les algues et sans accrocher.

Algues : 4 conseils

  1. Ne pas utiliser d’agrafe pour limiter les risques d’accroc.
  2. Repiquer légèrement la pointe de l’hameçon sur le dos du leurre.
  3. Privilégier la fixation par ressort vissé. Deux bonnes références : Body Leaf Jig Head (Scratch Tackle) et Finess Swimbait (VMC).
  4. Renforcer la fixation du leurre avec queleues tours de fil de cuivre pour préserver la gomme.

Le texan plombé sur la hampe va donner une allure planante à cette créature à chaque pose.
Crédit photo : Thierry Sauvin

En linéaire

Une animation linéaire, entrecoupée de pauses pendant lesquelles le leurre coule à l’horizontale (avec un lest centré sur la hampe donc) est également d’une grande efficacité. On pratique alors une sorte de power fishing, l’objectif étant de battre du terrain pour réussir à trouver des poissons actifs. Le choix du leurre est ici d’une grande importance. Sa nage doit être chaloupée, la caudale devant se mettre en mouvement à la moindre animation. Un montage plombé en tête est idéal pour pêcher en traction, l’objectif étant de visiter une veine d’eau en prenant soin, après chacune des tractions, de reprendre contact avec le fond, d’où l’intérêt du montage texan.

L’hameçon texan est désormais bien installé dans le bagage des pêcheurs en mer qui l’ont définitivement adopté.
Crédit photo : Thierry Sauvin

À vue

Le texan est aussi indiqué pour les pêches à vue. Sans lest, ou légèrement plombé en tête ou sur la hampe, le leurre (shad, worm, écrevisse) devra être animé très discrètement par une succession de petites tirées entrecoupée de pauses sur le fond. On voit que les montages texans sont incontournables sur certains spots où tout autre type de montage serait inopérant. Et ce sont bien souvent ceux où la pression de pêche est la moins forte, vous auriez tort de vous en priver.

Astuce : on peut lester ou sur-lester un hameçon texan avec des plombs fendus, type Plus Sinker (Decoy), ou à enfiler, comme les Soft Weight System (Sebile) ou Jon Weight (Illex).
Crédit photo : Thierry Sauvin

Astuce : certains hameçons texans sont équipés d’une palette ventrale, type Flashy Swimmer (Owner) qui rajoute très utilement des signaux vibratoires et visuels.
Crédit photo : Thierry Sauvin

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