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WILD WATERS : La dépression à double tranchant !

Il semble parfois que tous les voyants passent au vert, dans notre réflexion de pêcheurs de carpes une dépression atmosphérique nous laisse la plupart du temps présager de bonnes conditions pour la pêche avec des poissons actifs et enclins à s’alimenter… Mais ce n’est pas toujours le cas !

Lors de l’une de mes dernières sessions estivales, nous arrivons sur un grand lac de plaine avec mon ami Franck. Les conditions météos fleurettent avec la canicule et plusieurs départements de France sont déjà passés en vigilance orange et restriction d’eau. Autant dire que nous ne sommes guère confiants, et une fois les bateaux mis à l’eau et équipés, lorsque la sonde de l’échosondeur nous annonce plus de 27°C en surface le doute sur le choix de la destination entre lac et rivière occupe alors nos premières discussions.
Après tout si les résultats ne sont pas au rendez-vous nous pourrons toujours nous rabattre sur une eau courante à quelques kilomètres de là.

Le lac est superbe, nous naviguons plusieurs heures découvrant çà et là de nombreuses baies et pointes, scrutant à la fois la surface de l’eau et nos écrans de sondeurs tout en gardant un œil sur l’orientation topographique des lieux et l’axe du vent dominant.
Les poissons restent très discrets lors de cette première journée, rien de surprenant avec cette chaleur, nous fiant à notre flair nous choisirons finalement une grande pointe battue par un léger vent de travers permettant d’exploiter différents type de spots et profondeurs.


Dans un souci de mobilité nous avons préféré aborder la pêche à bord de nos embarcations respectives et nous ancrons donc à une centaine de mètres l’un de l’autre de façon à ouvrir le plus largement possible nos axes de pêche. Contre toute attente ces premières 48 heures nous rapporteront deux touches chacun sur des spots diamétralement opposés, en bordure d’herbiers dans moins de deux mètres d’eau pour moi, et en pleine eau dans plus de trois mètres pour Franck ! Une grosse miroir de 23kg finit dans les bras de mon ami dès le premier matin, et une superbe écaillée style « fully linéaire » dans les miens dès le lendemain ! Première grosse erreur de jugement, malgré ces conditions anticycloniques les poissons semblent actifs et nous sommes ravis de ce début de pêche.

La dépression arrive !
Comme toujours à la pêche et particulièrement en bateau il faut absolument garder un œil sur les prévisions météos de manière à pouvoir anticiper les changements de conditions et s’assurer une bonne sécurité. En l’occurrence une grosse dépression est annoncée dès le lendemain avec des orages, un fort vent Sud-Ouest et des rafales à plus de 65 km/h.
Nous nous frottons les mains espérant une explosion de l’activité des poissons et choisissons d’anticiper le changement en nous plaçant sur un nouveau secteur en plein face au vent !

La débandade !
Nos choix concernant notre positionnement se sont avérés judicieux, le vent se lève, les orages éclatent, la pluie s’abat… Et effectivement nous sommes en plein dedans !
Mais les conditions deviennent dantesques, les vagues se forment, nos ancres glissent peu à peu, nos bateaux se rabattent progressivement sur la bordure, et les toiles de tentes claquent dans un rythme assourdissant !

Nous gardons le moral espérant l’arrivée de poissons, mais rien ne se passe comme prévu ! Le lendemain matin le vent et l’air froid soufflent toujours aussi forts, mon ami Franck doit malheureusement écourter sa pêche pour des raisons personnelles, je finirai donc ma session en solo. Pendant 5 jours la dépression n’aura de cesse de me faire subir des conditions très difficiles. Je resterai mobil changeant de poste chaque 24h à la recherche des poissons.


Je m’obstine d’abord à suivre le vent, pêchant dans les vagues, la tête étourdie par les rafales puissantes et imprévisibles ! Aucune touche ni aucune activité à l’horizon.
Les jours suivants je change alors totalement d’approche recherchant au contraire des zones plutôt abritées mais sans plus de succès. La température de l’eau, après ces quatre jours de tempête, a chuté à moins de 20°C en surface. Le calcul est vite fait, une perte de plus de 7°C ! Je croise deux équipes de pêcheurs qui repartent « la queue entre les jambes » sans avoir pu mettre au sec quelconque poisson. La dépression si avidement attendue n’aura pas apporté son lot de poissons tant espéré, deuxième grosse erreur de jugement !

Chacun analysera la situation à sa façon, de mon côté il m’apparait à ce moment-là que les poissons ne sont ni dans le vent ni dans les faibles profondeurs trop sujettes aux variations brutales de températures. La carpe étant un animal à sang froid son organisme et son activité sont fortement liés aux variations de températures. Dans le cas présent cet écart colossal créé brutalement en seulement quelques jours semble avoir cloué le bec de nos chers poissons. J’ai déjà pu rencontrer ce genre de phénomène lors d’une toute autre saison, au cours de l’automne au moment des premiers vrais refroidissements il n’est pas rare de constater que les carpes occupent alors une couche d’eau plus stable en descendant plus profondément, j’ai coutume de dire que les poissons « descendent d’un étage » et se préservent ainsi des refroidissements soudain. Comme toujours ce n’est pas une règle absolue et la pêche est souvent faite d’imprévus c’est ce qui rend les choses si captivantes !

Partant de ce principe je me mets en tête de trouver quelques signes d’activité qui pourraient m’interpeller dans des couches d’eau plus profondes. Je passe plusieurs heures à naviguer en faisant de grands travers au milieu du lac, l’œil rivé sur mon écho. J’entrevois alors plusieurs concentrations de poissons, des groupes assez conséquents de poissons blancs pour la plupart, situés dans la couche d’eau des 3-4 mètres. Ce premier indice m’incite à poursuivre mes recherches et une dizaine de minutes plus tard de gros échos m’apparaissent alors sur quelques rares zones très restreintes. Les pêcheurs de grands lacs le savent, quand les conditions sont mouvementées et particulièrement en pleine eau, un spot est aussi vite repéré qu’il ne disparait de notre écran. Les vagues, le vent, la dérive, bref il faut être rapide de manière à marquer un point GPS et déposer un repère sous peine de se retrouver à cinquante mètres de la zone en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. En plus de ces échos de poissons je cible une micro-cassure dans quatre mètres d’eau avec un léger changement de substrat passant du « très mou » au « mou-dur », je ressens même quelques petits débris en tâtant le fond avec ma canne ; c’est le genre de spot que j’espérais trouver. Celui-ci est extrêmement réduit et le placement de la canne doit se faire avec précision !

Dernières 48h tout est encore jouable.
Je positionne mon bateau de façon à placer mes lignes du mieux possible sur deux spots repérés en pleine eau, une canne pêchera entre-deux et je conserve malgré tout une canne en bordure au cas où… Alors que cela faisait cinq jours que j’espérais croiser la queue d’un poisson, et bien lors de ces dernières 48 heures je toucherai cinq fois ! Quatre touches sur un seul et unique spot dans le profond : la fameuse micro cassure avec un léger changement de substrat dont je vous parlais un peu plus haut. Ma ligne présentée en spot et eschée d’une Live system 24mm CCMoore équilibrée, associée à un amorçage léger de quelques poignées de billes et noix tigrées a enfin trouvé preneur. Les quatre poissons capturés avaient le ventre complètement vide, aucun excrément n’en sortait, preuve s’il en est qu’ils ne s’étaient pas nourris depuis plusieurs jours ! La dépression est semble-t-il passée par là, et confirme l’analyse de la situation déduite quelques jours plus tôt.

A noter que je perdrai également un dernier poisson en bordure cette fois près d’un massif d’herbiers, comme quoi il ne faut « jamais mettre tous ses œufs dans le même panier », lorsque l’on pense avoir compris quelque chose les poissons, eux, nous démontrent que rien n’est jamais acquis d’avance !
 

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