Au cœur du printemps, dans nos rivières à truites, il y a, bien plaqués sur le fond des radiers et autres gravières, des centaines de nouveau-nés. Pour celui qui prend le temps d’observer, les alevins de truites sauvages sont enfin visibles. C’est le résultat de la reproduction hivernale.
C’est assez incroyable comme ces petits êtres ressemblent déjà aux adultes. Que cela soit dans l’apparence physiques comme dans les attitudes. Un combat de chaque instant les attend pour leur survie. Entre la difficulté à se nourrir dans des milieux de plus en plus impactés, la prédation des truites adultes, celle des oiseaux piscivores allochtones comme autochtones, le réchauffement de l’eau en été…
Attention danger
La vie dans ce milieu sauvage n’est pas simple pour ces alevins de truites. Il est donc important que les pêcheurs soient bien conscients de leur présence là, tout près du bord, encore tout proche des zones de frayères.
Pour protéger ces minuscules juvéniles, on trouve dans notre pays des règlementations différentes. Par exemple, sur l’Albarine, rivière célèbre du département de l’Ain, la pêche en marchant dans l’eau est interdite jusqu’à l’ouverture de l’ombre. Ailleurs, comme dans le Jura, les AAPPMA sont invitées à pancarter les zones de fraie sur leur linéaire afin d’informer leurs pêcheurs. Il est interdit de marcher dans l’eau sur ces tronçons. Et puis, à l’opposé, vous avez des exemples où la pêche est ouverte toute l’année en marchant dans l’eau. C’est le cas de la Ribnik en Bosnie. Pour autant, cette rivière des Balkans est très densément peuplée en truites et ombres. Bien plus que n’importe quelle rivière française.

Tous responsables
Quelle est la meilleure solution ? Mon avis est qu’on doit avant tout responsabiliser les pêcheurs avant même de mettre des interdictions. Encore une fois, c’est à nous, de façon individuelle, d’être un acteur attentif du milieu dans lequel nous évoluons. Ne pas marcher dans l’eau n’importe où. Prendre le temps d’observer. Savoir que les bordures d’une fin de radier sont des endroits propices où trouver ces alevins. Et dans le doute, il faut impérativement se déplacer très lentement à cette période de l’année. Cela laissera le temps aux alevins de fuir vos pas sans risque de se faire écraser sous un caillou.
Toutes les frayères ne sont pas matérialisées au bord de nos rivières, elles ne sont d’ailleurs pas toutes connues. Elles peuvent selon les modifications du milieu après crue changer de place. C’est donc à nous, pêcheurs, d’être extrêmement vigilants. Si nous le sommes, il est alors possible de pêcher dans l’eau dès l’ouverture sans avoir à mettre des règlementations qui peuvent freiner au loisir pêche. Ouvrez l’œil !
Texte et photos Nicolas Germain