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La truite léopard

La truite léopard aime se tenir très près du fond.

Crédit photo Fabrice Chassaing

Les truites ont toujours attiré et fait rêver les pêcheurs du monde entier parce qu’elles vivent dans des eaux propres, fraîches et limpides, mais surtout parce qu’elles sont éminemment belles, à la fois sauvages et élégantes, quelle que soit l’espèce, la sous-espèce ou les nombreux morphes1 qui se sont différenciés chez les salmonidés tout au long de l’évolution de la vie sur notre planète. Parmi tous ces trésors, la truite léopard (« Salmo trutta x Salvelinus fontinalis ») reste un joyau unique d’hybridation vraiment à part.

Si ce croisement peut se réaliser de façon spontanée dans le milieu naturel, en particulier dans le nord des États-Unis, dans des états comme le Michigan ou le Wisconsin, cela reste excessivement rare. De nos jours, c’est plus souvent l’intervention humaine qui permet d’obtenir une descendance viable. Car cette truite léopard résulte en effet de l’hybridation entre un mâle de truite fario (Salmo trutta) et une femelle de saumon de fontaine (Salvelinus fontinalis). Si c’est l’inverse qui se produit, on obtient une truite tigre, qui est moins inconnue des pêcheurs, car elle est plus communément introduite sur les parcours de pêche.

Un réseau de petites stries sinueuses qui ornent la tête, le dos, les flancs et même la caudale.
Crédit photo : Fabrice Chassaing

Un look incroyable

Si les multiples, et parfois douteuses, expériences auxquelles se sont livrés les hommes en matière de croisement entre espèces de salmonidés n’ont pas toujours été des réussites, ça n’est pas le cas pour cette truite léopard, qui gravera à jamais la sublime image d’un poisson à la robe tout aussi belle qu’improbable dans la mémoire du pêcheur ayant la chance de la tenir quelques instants dans ses mains. Ainsi, lorsqu’on la sort de l’eau, la truite léopard nous révèle une robe chatoyante aux reflets cuivrés, teintés de jaune orangé et de rouge. De plus, ces coloris esthétiques sont relevés par un réseau de petites stries sinueuses qui ornent la tête, le dos, les flancs et même la caudale. Et même si toutes ces couleurs varient énormément en fonction des paramètres environnementaux du milieu où elle vit, l’ensemble fait que cette truite exhibe vraiment un look invraisemblable qui ne ressemble à aucun autre salmonidé.

La truite léopard aime se tenir très près du fond.
Crédit photo : Fabrice Chassaing

Comportement de la truite léopard

On croise rarement la route des truites léopards, car ce sont des poissons très difficiles à produire en pisciculture. En effet, le métissage, qu’il soit provoqué ou non, entre mâles de truite fario et femelles d’omble de fontaine produit des individus très instables où la mortalité est importante dès les plus jeunes classes d’âge. Ceci s’explique par la forte hétérogénéité génétique entre les deux espèces, le caryotype de la fario présentant 80 chromosomes, pour 84 chez l’omble de fontaine. Les grands sujets sont encore plus rares, car l’espérance de vie des poissons issus de cette fécondation croisée est assez limitée.

Truite léopard mâle.
Crédit photo : Fabrice Chassaing

Néanmoins, j’ai eu la chance d’être confronté à cette espèce suffisamment de fois pour en tirer les enseignements suivants. Même si on opère dans des eaux très limpides, la truite léopard est difficile à repérer à vue, car elle bouge très peu ; elle préfère se tenir postée et immobile, un peu comme un brochet. C’est un poisson qui n’apprécie pas la lumière, et on la retrouvera souvent dans un sombre creux de berge ou à l’ombre des frondaisons. C’est aussi pour cela qu’elle abandonne rarement la proximité du fond avec lequel elle entretient souvent une forte et singulière intimité. J’ai ainsi eu l’occasion de l’observer, absolument immobile, le ventre « planté » dans les herbiers ou dans les mousses recouvrant le fond ou même dans les limons du substrat ! Connue pour son régime très piscivore, elle chasse à l’affût, là encore, à l’image du brochet. À noter que les sujets adultes apprécient beaucoup la quiétude, et leur tempérament plutôt irascible fait qu’ils chasseront tous les intrus qui oseront pénétrer dans leur espace de sécurité.

La léopard présente une dentition très dévelopée.
Crédit photo : Fabrice Chassaing

Pêcher la truite léopard

Comme en attestent ses mâchoires armées d’une dentition très développée, la truite léopard présente un caractère carnassier très marqué. On pourra donc la solliciter avec les nombreuses techniques dédiées à la truite fario qui font appel à ces réflexes de prédation. En ce sens, toutes les stratégies à base de leurres, depuis la cuiller tournante jusqu’aux petits poissons nageurs, pourront faire preuve d’efficacité. Mais la léopard reste une truite, et son attirance naturelle et ancestrale pour une nymphe ou un insecte resteront toujours un choix privilégié pour lui faire ouvrir la gueule. Alors, pour faire craquer une vieille grosse, méfiante à souhait, la pêche à la mouche demeure une voie royale. Reste alors à trouver la bonne imitation. En la matière, la léopard se montre régulièrement très exigeante, et il ne faut pas hésiter à changer très souvent sa mouche pour espérer trouver la bonne. De mes expériences, je retiendrai le fait qu’il ne faut surtout pas négliger les imitations sombres, voire très noires avec une toute petite pointe d’orange en tête… Enfin, ne descendez pas trop fin pour vos diamètres de bas de ligne, car les dents de la léopard sont particulièrement coupantes.

Truite léopard femelle.
Crédit photo : Fabrice Chassaing

Le record pour la truite léopard est encore vacant du côté de l’IGFA, qui en recense un pour la truite tigre (9,440 kg dans le lac Michigan en 1978). À titre personnel, j’ai eu la chance de capturer un gros bécard de truite léopard qui flirtait avec les 4 kg et qui aurait, sans nul doute, pu être homologué. Je n’ai pas fait les démarches ; alors, record à établir : à vos cannes…

Il faut absolument remettre à l’eau des poissons aussi rares.
Crédit photo : Fabrice Chassaing

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