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Le Guil, un joyau des Hautes-Alpes à la mouche

Le Guil, prenant sa source dans le cirque du Mont-Viso, est une magnifique rivière torrentielle du sud-est de la France qui serpente dans le département des Hautes-Alpes. Il est alimenté tout au long de son trajet par de nombreux petits torrents et affluents qui viennent grossir ses eaux au fil de son cours. Ici les truites sauvages piquetées de petits points noirs et orangés sont superbes et leur recherche à la mouche est un régal… En route !

Qui de mieux pour nous guider sur le parcours de cette rivière transparente que Bernard et Bastien Galliano, guides locaux qui connaissent les secrets de ce cours d’eau comme leur poche ? Dans un décor majestueux le Guil est sans doute l’un des plus beaux coins de pêche des Hautes-Alpes avec une espèce endémique locale de truite fario. Les paysages qui encerclent la rivière où alternent des courants rapides, des gorges sinueuses où la roche est toujours très présente sont parfaits pour le pêcheur qui souhaite évoluer canne à la main dans un décor singulier et sauvage. Il faut rappeler que le Guil est historiquement la voie naturelle de passage de la Provence vers le Piémont et l’ancien royaume de Savoie. Il traverse alors le territoire de 8 communes pour se déverser sous Mont-Dauphin dans la Durance à 880 mètres d’altitude. Le tracé du Guil suit ainsi celui de la vallée du Queyras, sur une longueur de 51,5 km. Avouer que le terrain de jeu des pêcheurs est vaste.

Le Guil est alimenté tout au long de son trajet par de nombreux petits torrents et affluents, qui viennent grossir ses eaux au fil de son cours
Crédit photo : Laurent Guillermin

Entre Château-Queyras et Abriès

Après un trajet plutôt sinueux mais toujours superbe, nous faisons halte pour jeter un œil à la rivière et nous équiper. Entre Château-Queyras et Abriès, le parcours du Guil reste accessible et la population de truites est excellente surtout grâce à l’énorme travail de l’Aappma locale, La truite du Guil. Comme les eaux sont encore froides, nos guides nous conseillent de prospecter l’eau en pratiquant en sèche nymphe. Selon Bernard, ici inutile de chercher les poissons dans les plus grosses veines d’eau, bien au contraire il faut s’appliquer à pêcher au plus près de la bordure car les truites se tiennent souvent dans seulement quelques centimètres d’eau. Il est donc important de positionner sa nymphe d’ensemble à seulement quelques dizaines de centimètres de la sèche. Le montage se fait en direct sans potence, la pointe en 12/100 étant nouée directement dans la courbure de l’hameçon. La mouche « indicateur de touche » n’est autre que le célèbre « Tabanas » appelé aussi « Tavan » par les locaux. Ce montage parachute se voit très bien sur l’eau grâce à son toupet en fibres. Jaune, rose, orange ou blanc, faites évoluer sa couleur en fonction de la luminosité pour ne manquer aucun poisson.

Le tandem « Tabanas et nymphe », une recette gagnante lors de notre passage.
Crédit photo : Laurent Guillermin

Lors de notre passage les modèles qui ont fonctionné le mieux avaient un corps plutôt marron ou oreille de lièvre dans une taille 12. Du côté de la nymphe, les billes cuivre mais aussi argent se sont montrées les plus prenantes. La subtilité de la technique consiste à faire dériver naturellement les deux mouches dans une pêche pleine amont. Trop lourde la nymphe bille accroche le fond et provoque des fausses touches sur la sèche, trop légère, la nymphe ne passe pas assez près des cailloux. Dans des eaux froides il est très important de dériver au plus près des obstacles.

Petits points noirs et orange, composent la robe de ces truites magnifiques.
Crédit photo : Laurent Guillermin

Courants réguliers de bordure

À peine quelques dérives sur la rive de gauche et l’ami Jean-Didier fait glisser dans l’épuisette la première truite du Guil. Cette petite merveille est de taille modeste avec ses 22 cm mais elle a mis sa plus belle robe pour venir cueillir une petite nymphe près de la bordure. Bernard et Bastien insistent, nous devons pêcher contre la bordure, plein amont, dans les courants réguliers. Selon nos guides, au fil de journée c’est ici que les truites viennent chercher leur pitance car les eaux se réchauffent plus vite qu’au centre du cours d’eau. Inutile donc de vous dire qu’il faut remonter la rivière sans faire trop de bruit. Nous prendrons de cette manière de jolies truites autochtones toutes plus belles les unes que les autres. La taille des poissons oscille ici entre 20 et 30 cm et les captures sont nombreuses. Cette technique de pêche est très ludique et il faut parfaitement rester concentré pour ne pas manquer les touches qui sont plutôt rapides. L’ami Arnaud qui devient chaque saison un peu plus moucheur a d’ailleurs fait ses premières captures de cette manière, guidé au millimètre par Bastien qui connaît parfaitement le parcours.

Avec un bon sens de l’eau et une lecture précise des courants, la pêche en sèche nymphe permet de faire de nombreuses captures.
Crédit photo : Laurent Guillermin

Une oreille de lièvre

Retour au pont de bois où nous avons laisser nos voitures pour un petit casse-croûte bien mérité. La météo est avec nous et nous profitons de l’instant pour repérer quelques truites bien postées dans les courants. Très souvent les prises sont fréquentes aussi en nymphe à vue. Charcuterie locale et un fameux « bleu du Queyras » ont vite fait de nous remettre sur pied. Les discussions vont bon train sur la technique à mettre en œuvre cet après-midi car une bonne chaleur s’est maintenant installée. Si la pêche en 9 pieds soie de 4 ou 5 est parfaitement possible, les cannes plus longues sont conseillées sur ce secteur. Les 10 pieds, 10’6 et 10’9 sont même les meilleurs outils que l’on pêche en nymphe au fil ou en sèche nymphe. Le grand bras levier qu’elles offrent permet de facilement soustraire la bannière au courant que l’on pratique vers l’amont ou par le travers.

L’alternance de courants et de rapides fait la joie des pêcheurs à la mouche.
Crédit photo : Laurent Guillermin

Désireux de capturer quelques truites en sèche, je suis les conseils de Bernard qui déniche un petit recoin où un tributaire d’à peine 60 centimètres de large par endroits vient se jeter dans le Guil. L’eau y est visiblement plus chaude car la végétation est dense sur ses petites rives. Notre guide avait raison puisque, à peine arrivés sur place, nous découvrons plusieurs museaux qui percent la surface sur un fond riche en limon. Je penche tout de suite pour de petits chironomes mais j’essuie plusieurs refus dans cet écosystème miniature. Je noue alors une oreille de lièvre sur une pointe en 10 centièmes et pique au premier passage une truite superbe de 32 cm ! Ce n’est toujours pas un monstre, mais ce sera la plus grosse de la journée ! D’autres poissons tous magnifiques suivront encore en alternant, sèche et sèche nymphe dans ce cadre enchanteur.

Une jolie truite du Guil prise en sèche, qui a succombé à une petite oreille de lièvre
Crédit photo : Laurent Guillermin

Contacts utiles

•Guides de pêche : www.guides-peche.com/accueil/
•Fédération des Hautes-Alpes : Bernard Fanti _ 16 avenue Jean Jaurès 05000 Gap - 0492535471 - http://peche-hautes-alpes.com/
•Aappma « La truite du Guil » : Yves Franceski - yvesfran83@gmail.com - http://peche-hautes-alpes.com/association/la-truite-du-guil/
•Tourisme pêche en Queyras - http://tourismedepeche.pnr-queyras.fr/

 

Bernard tout sourire sur l’un de ses terrains de jeux favoris.
Crédit photo : Laurent Guillermin

Le débit du Guil

Le débit moyen du Guil est d’environ 10 m3 /seconde. La seule station de mesure est celle du barrage de Maison du Roy. Le climat particulier du Queyras implique deux étiages. Un hivernal dont le maximum est en février, et un étiage estival dont le maximum en août. Ainsi de mai à juillet, le débit du Guil augmente par la fonte neige, la hausse des températures, et les précipitations printanières

 

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