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Pike Story, l'histoire ne fait que commencer

Crédit photo Pascal Lehérissier
Cela faisait maintenant plus de deux ans qu’Arnaud Brière, le propriétaire du célèbre camp de pêche Club Esox en Irlande, m’avait parlé d’ouvrir avec plusieurs associés un camp de pêche sur le Lough Ree. J’avais déjà par le passé eu l’occasion de me confronter à ce lac bien particulier, et la perspective de l’ouverture d’un nouveau camp avec une logistique à la hauteur me semblait particulièrement alléchante. Mais la pandémie de Covid-19 allait passer par là et provoquer un long retard dans l'ouverture de cette nouvelle structure que nous avons pu enfin tester lors de ses premières semaines d'ouverture, à l'automne 2021.

Le Lough Ree n’est pas forcément le lac irlandais le plus connu des pêcheurs français, mais cette méconnaissance ne devrait pas durer. En effet, ce lac situé en plein milieu du bassin du Shannon, entre le Lough Allen à l’amont et le Lough Derg à l’aval, offre d’immenses possibilités en matière de pêche. Sa superficie de 105 km2 en fait le second lac de ce système. Sa profondeur maximum est de 35 m et il alterne les îles, les plateaux rocheux et herbeux ainsi que d’innombrables fosses plus ou moins profondes. Autant dire que son potentiel est particulièrement important en raison d’une immense population de poisson fourrage, mais la zone à prospecter est tellement vaste et variée qu’il y a franchement de quoi y perdre son latin lorsque l’on découvre le lac pour la première fois. Il est également bon de préciser que le lac, en raison de sa surface importante, peut vite devenir inconfortable en cas de vent soutenu et qu’il vaut mieux dans ce cas s’y aventurer avec quelqu’un qui connaît vraiment bien le terrain.

Un premier poisson présenté par Geoffrey, qui nous met immédiatement en confiance.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

La puissance d’une logistique établie

Arnaud Brière m’a rapidement mis en contact avec Geoffrey Cadenas, alias Geoff, le directeur du centre de pêche Pike Story, afin que nous organisions ensemble ce séjour. Je dois dire que dès les premiers échanges téléphoniques, le courant est immédiatement bien passé avec Geoffrey qui affiche un curriculum vitae étonnant. Geoffrey a en effet eu une carrière enviée dans la filière automobile en étant à la tête d’une douzaine de concessions automobiles d’un constructeur allemand. Mais la passion de la pêche qui le taraude depuis le plus jeune âge l’a poussé à une reconversion professionnelle étonnante et à faire de l’activité halieutique son principal métier et à passer, il y a quelques années, son diplôme de guide de pêche. De ce fait, notre dynamique quadragénaire en connaît malgré tout un sacré rayon en matière de management d’une structure et sait ce que le mot qualité signifie pour des clients venant passer une semaine de pêche dans son établissement. En matière d’organisation, et bien que mon arrivée intervienne dès le premier mois d’ouverture, je dois reconnaître que je n’ai pas été déçu. Geoffrey est un organisateur hors pair et rien n’est laissé au hasard dans son fonctionnement. Les hébergements sont réalisés dans un ensemble de magnifiques cottages de trois chambres avec un vaste coin séjour disposant d’une cuisine ouverte où il est possible de prendre ses repas. Ces cottages donnent directement sur le petit port où Geoffrey vous attendra à l’heure prévue à bord d’une de ses deux embarcations. En effet, la structure est conçue pour accueillir deux groupes de pêcheurs (de 1 à 3 personnes selon la constitution des groupes) sachant que chaque bateau est pris en charge par un guide de pêche.

Les cottages tout confort permettent de se relaxer en soirée.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Ce ne sont donc que des séjours intégralement guidés que proposent Pike Story, mais cela se justifie pleinement compte tenu du caractère potentiellement dangereux du lac. Durant notre séjour, un bateau de croisière s’était retrouvé planté au milieu du lac sur un haut-fond rocheux, et il a dû attendre l’arrivée des secours pour être renfloué. Côté embarcation, Geoffrey a choisi avec sérieux deux solides coques Fish Pro 50 en aluminium de fabrication russe puissamment motorisées avec 115 chevaux. Je n’ai jamais caché que j’aimais sur les lacs de la verte Erin me promener à bord d’une vaste et stable coque irlandaise, mais sur le Lough Ree, les distances à parcourir sont parfois longues et, pour éviter tout risque inutile, la vitesse de déplacement dans des conditions parfois houleuses est un élément majeur de sécurité. Ces embarcations ont également le mérite d’avoir un pare-brise, ce qui permet d’éviter la douche lors des moments de navigation.

Les embarcations sont vraiment adaptées à cette pêche particulière parfois dans un biotope inhospitalier.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Le Lough Ree en mutation

Dès mon arrivée sur place, Geoffrey est un peu dans ses petits souliers en m’expliquant que les premières semaines d’ouverture ont été fantastiques avec pas mal de beaux poissons pris dans les baies peu profondes. Mais depuis quelques jours, les choses évoluent, et la localisation des poissons est loin d’être aussi marquée que précédemment. En clair, les poissons sont un peu partout et nulle part, et il va falloir les chercher. Je fais équipe avec Didier, un excellent pêcheur de brochets qui a déjà une longue expérience des pêches de grand lac. En ce premier jour sur le Lough Ree, Geoffrey tente une première synthèse en nous emmenant sur une zone de transition qu’il dénomme joliment la passe. Il s’agit en effet d’un goulet ou d’un chenal reliant des zones de hauts-fonds à des zones profondes du lac. Didier opte pour un soft swimbait, et je me risque à mettre un joli streamer au bout de ma canne à mouche. J’avoue que le pari est un peu osé en pêchant ainsi à la mouche sans poste marqué au beau milieu du lac, mais je n’ai pas trop le temps de douter, puisqu’au bout de quelques minutes, j’obtiens ma première très nette tirée sur la soie. Le ferrage est réussi, et j’essaye d’abréger le combat. Je suis probablement en manque de repère, car je pense avoir affaire à un poisson de taille moyenne, mais l’adversaire est beaucoup plus coriace que ce à quoi je m’attendais. Au bout de quelques minutes, le poisson rejoint malgré tout l’épuisette et c’est un beau brochet mesuré à 97 cm que Geoffrey présente à la caméra.

Didier va rapidement trouver les brochets sur les hauts-fonds du Shannon.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Didier rate à son tour un beau poisson sur la zone. Nous nous dirigeons ensuite vers Inny Bay, un hot spot du Lough Ree, pour vérifier l’arrivée de poisson fourrage dans les fosses. Mais les concentrations de poisson fourrage restent trop maigres et trop éparses pour éveiller l’ardeur des prédateurs. Une petite heure de pêche sans résultat nous confirme ce que notre équipement électronique nous montre, les brochets ne sont pas actifs sur cette zone. Nous mettons le cap sur une nouvelle baie située en amont du lac, Geoffrey lui a donné le nom de baie des vaches, allez savoir pourquoi ! C’est en effet un poste magnifique où une poche d’eau de quelques hectares moyennement profonde se termine par une baie très herbeuse et très shallow. Geoffrey nous indique que l’on va d’abord peigner les extérieurs avant de voir s’il y a toujours des brochets en fond de poste. Sur les premiers mètres de notre dérive, j’ai de nouveau une jolie touche qui se solde par la mise à l’épuisette d’un brochet de 96 cm. Le reste de la dérive ne donne rien. Finalement, nous nous rendons rapidement compte en enchaînant successivement les postes qu’il reste quelques poissons sur les secteurs peu profonds et que ces derniers mordent en général bien dès les premiers passages. Cependant, inutile d’insister longuement au risque d’entrer dans de longues périodes sans touche. En fin d’après-midi, nous avons capturé sept poissons au total dont trois de plus de 90 cm, car mon désormais ami Didier rentre un joli poisson dans l’après-midi. Pas si mal pour un début dans une période de transition.

Didier et un joli brochet pris en fond de baie.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Back on the Shannon

Pour ce deuxième jour de pêche, Geoff nous propose d’aller sur le Shannon, où les poissons semblent plus réactifs et plus faciles à localiser. Nous passons au petit matin la belle écluse d’Athlone qui nous permet de pratiquer le Shannon à l’aval du Lough Ree en direction de la petite ville de Shannonbridge. J’avoue que cette petite descente du Shannon me plaît beaucoup. Le secteur alterne les parties peu profondes du fleuve et des fosses, à proximité immédiate des chenaux. Pour l’instant, les pêches se situent encore sur les zones peu profondes, et Didier se régale en pêchant avec des leurres souples peu lestés qui déclenchent beaucoup de touches. Les poissons sont malgré tout assez capricieux et se décrochent facilement.

J’ai beaucoup moins de touches à la mouche, mais les ratés sont beaucoup moins nombreux, ce qui équilibre globalement les résultats. À la fin de la journée, nous totalisons 23 poissons. La taille moyenne est hélas plus faible que sur le Lough Ree, bien qu’il y ait de réelles possibilités de prendre des gros poissons sur le Shannon. Pêcher le Shannon est une alternative très intéressante lorsque les poissons sont difficiles à trouver dans le grand lac. Il est probable que le trophée est plus facile à leurrer sur le lac, mais la qualité de la pêche sur le Shannon mérite à mes yeux que Pike Story exploite ce potentiel. D’autant que la possibilité de prendre de vrais gros sur le Shannon n’est pas une utopie. À noter que ce secteur offre également la possibilité de visiter les vastes ruines de Clonmacnoise, un site archéologique et historique posé au milieu de nulle part dans la vallée du Shannon.

Didier et Geoffrey, prêts à en découdre
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Retour sur le grand lac

À l’issue de cette journée de transition sur le Shannon, Geoff nous propose de retourner sur le grand lac pour la journée suivante. La météo s’annonce venteuse dans l’après-midi. Nous allons donc rechercher les brochets dans la baie de la rivière Inny en concentrant notre recherche sur les zones de détection du poisson fourrage. Par rapport à la première journée, nous constatons que les bancs commencent à sérieusement se regrouper dans l’eau plus profonde. Les bancs de poissons blancs restent cependant assez tranquilles, ce qui nous laisse penser que les brochets sont encore peu nombreux à circuler sur la zone. Nous avons le sentiment que les choses sont en train de tourner mais que la météo, étonnamment clémente pour la mi-septembre, rend cette bascule des postes très lente. Nous touchons sur Inny Bay deux jolis poissons dont un de 90 cm pour Didier. L’après-midi, comme l’avait prévu la météo, le vent forcit quelque peu, et Geoff décide de nous faire pêcher les poches d’eau de Cussant Point totalement abritées du vent d’ouest qui souffle assez fort. Hélas, nous nous rendrons assez rapidement compte que tout ce secteur, pourtant vaste, est quasiment déserté par le poisson fourrage. Geoff nous indique que l’année dernière, à la même époque lors de ses repérages, il avait réalisé de superbes pêches dans cette partie du lac. Dans ces grands biotopes, c’est une nouvelle fois la preuve qu’une année ne fait pas l’autre, et que trouver les zones d’activité est toujours la principale difficulté dans cette approche. Nous décidons en dernier ressort de pêcher la partie basse du lac, plus abritée du vent, mais c’est l’idée que la plupart des autres pêcheurs ont eue, notamment tous ceux qui ne disposent que d’une petite barque. Nous nous rendons rapidement compte que la zone a donc été plus que poncée par une équipe de pêcheurs italiens. Nous bénéficierons de quelques touches, mais les brochets sont difficiles et tapent dans les leurres sans se faire piquer. Le lendemain, la météo plus clémente va nous permettre de mieux pêcher Inny Bay. Nous accueillons à bord Julien Fesseau, un guide de pêche français qui va accompagner Geoff pour la fin de la saison.

Pour un premier contact avec le Lough Ree, on peut dire que Julien a fait très fort.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Le contact passe rapidement très bien avec Julien, et cette journée va finalement s’avérer être la plus productive du séjour. Les premiers repérages au sondeur nous montrent que la population de poissons blancs se densifie, et quelques belles bananes viennent nous indiquer que les brochets commencent à s’intéresser à cette manne. Pour une première journée, Julien nous fait un vrai récital en enchaînant les belles prises, dont un joli 101 cm. Nous touchons plusieurs poissons au-delà des 90 cm, et j’ai la chance de capturer une truite fario de lac d’environ 70 cm. Plutôt sympa comme alternative. Nous répétons l’opération sur plusieurs parties profondes du lac, et c’est avec une vingtaine de beaux poissons que nous terminons cette journée vraiment enthousiasmante. Pour le dernier jour de ce séjour, nous nous posons la question de la zone de pêche, retour sur le Shannon ou à nouveau la recherche de beaux poissons sur le Lough Ree. Bien évidemment, notre dernier résultat, qui nous indique que le lac se met clairement sur ON, plaide en sa faveur. Nous n’hésitons pas bien longtemps, et c’est donc essentiellement en pêchant à proximité des bancs de fourrage sur quelques fosses que nous terminerons notre périple. L’action est un peu plus lente que la veille, mais nous toucherons à deux pêcheurs 12 beaux poissons. J’ai la chance pour ce dernier jour de passer la barre du mètre avec un nouveau 101 cm.

Une jolie brown trout prise sur un Replicant Jointed.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Une pêche pour Piker confirmé

Alors que je range tranquillement mon matériel, c’est maintenant pour moi l’heure des bilans. Il est évident que le Lough Ree dispose d’un potentiel énorme en raison de sa superficie, de la densité du poisson fourrage et de la diversité de ses postes. Il s’agit d’un incroyable terrain de jeu. Les Irlandais pensent d’ailleurs que le Lough Ree est le plus prolifique des lacs du bassin du Shannon. Geoff a pris beaucoup de temps pour prospecter le lac avant de débuter la commercialisation de cette destination, ce qui lui a permis de rapidement connaître l’essentiel du Lough Ree. Bien entendu, cette connaissance reste à parfaire, et elle le sera bien entendu au fil des saisons. Reste que la pêche dans ses grands biotopes n’est quand même pas à la portée de toutes les cannes. Pour apprécier la pêche dans ces grands systèmes, il faut savoir accepter les journées ingrates, parfois avec peu de touches, où le novice pourrait avoir l’impression de pêcher dans un « no pike land ». C’est pour cela que je recommande cette destination aux pêcheurs confirmés. Heureusement, la pêche sur le Shannon est beaucoup plus ludique et facile à appréhender. En pêchant les roselières, il sera toujours possible de capturer quelques poissons… Finalement, la richesse de ce centre est de pouvoir offrir cette diversité dans la pêche. Alors, comme la logistique me semble irréprochable, comme Geoff est un charmant garçon avec qui il est fort agréable de passer une semaine sur une barque, et comme le Lough Ree est magique, il y a fort à parier pour que je revienne faire nager mes leurres et mes mouches chez Pike Story. L’histoire est donc en marche…

Une dernière belle poutre pour clore le séjour.
Crédit photo : Pascal Lehérissier

Vous trouverez toutes les informations utiles pour organiser votre séjour sur le site Internet de Pike Story : www.pikestory.com. Contactez aussi Geoffrey Cadenas au 06 30 36 52 67 ou contact@pikestory.com.

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