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Cormoran, silure, pêche en mer, Plan Eau : Claude Roustan et la FNPF à l’attaque !

De g. à d. : Nicolas Bensussan, rédacteur en chef numérique, Lyonel Chocat, rédacteur en chef, Hamid Oumoussa, directeur de la FNPF et Claude Roustan, président de la FNPF lors du congrès 2024 à Paris

Crédit photo Arnaud Milliet
Lors du congrès de la FNPF le lundi 24 juin à Paris, Claude Roustan a fait le point sur plusieurs sujets sensibles. Les tirs de cormorans vont pouvoir vraisemblablement reprendre, nous avons déjà relayé l'information, mais d’autres dossiers sont sur le feu, notamment un possible classement du silure sur certains secteurs.

Il n’y avait pas de ministre présent au congrès annuel de la Fédération nationale de la pêche en France (FNPF). La faute au contexte politique et électoral, en pleine campagne des élections législatives. Dommage car le président Claude Roustan avait de nombreux messages à faire passer. Aux côtés de son directeur Hamid Oumoussa. Il a répondu à nos questions sur les sujets les plus sensibles après son discours de clôture face aux représentants des fédérations de pêche départementales.

Vous avez rencontré le secrétaire d’État de la mer et de la biodiversité, Hervé Berville, le 30 mai dernier. Il vous a promis des évolutions réglementaires pour la reprise des tirs de régulation cormorans pour l’automne prochain. C’est un soulagement ?

Claude Roustan : C’est une victoire ! Une victoire pour la biodiversité aquatique qui montre que quand on sait se mobiliser, être pragmatiques, on arrive à avoir des résultats. Je salue le travail des quatre fédérations impliquées dans l’expérimentation pour améliorer la connaissance sur le cormoran et son impact mais aussi l’implication forte de la FNPF sur ce sujet majeur.

Est-ce que les études que vous avez menées dans les quatre départements pilotes ont validé le dossier auprès du ministère ?

C. R. : Bien évidemment. En particulier celle de l’Aude sur l’ombre commun. Ces études ont démontré qu’il y avait une incidence importante du cormoran sur les populations piscicoles. Tout ça fait que le ministère a reconnu qu’il y avait un vrai problème. Il y a un impact sur la biodiversité, politique et économique. La décision prise par l’ancienne ministre Bérangère Couillard (secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, chargée de l’Écologie, de juillet 2022 à juillet 2023) était inconsidérée. Il faut aussi souligner la mobilisation des fédérations et des politiques sur ce dossier en particulier les parlementaires.

Des dossiers très importants attendent les élus des fédérations départementales et de la FNPF dans les mois à venir.
Crédit photo : Lyonel Chocat

Vous êtes restés en contact avec la LPO, pourquoi ?

C. R.: On est des structures politiques. Nous avons des conflits, mais aussi parfois des conventions de partenariat dans certaines fédérations. Nous sommes dans le dialogue, la discussion est ouverte. Essayons d’être constructif. Nous expliquons notre démarche notamment que nous ne battons pas contre le cormoran mais pour la biodiversité aquatique. C’est quand même mieux que l’on discute ensemble !

Avez-vous un calendrier précis à nous donner en date du 24 juin ?

Hamid Oumoussa : À partir de maintenant va s’ouvrir une période d’élaboration des textes, par le ministère. Puis une première phase de concertation des instances nationales, et notamment du groupe national cormorans. Juste derrière, il y aura une consultation du public, on en profitera pour rappeler à nos adhérents, aux pêcheurs, de bien se mobiliser car leur avis conforte l’attente du terrain, des territoires. Et le ministère publiera le texte. Le ministre a promis que le dispositif réglementaire serait opérationnel en automne. C’est un timing serré, mais c’est tenable.

Autre dossier d’importance, le silure. Il y a une prise de conscience de l’administration. Hervé Berville estime que « le statu quo n’est pas tenable pour le silure dont l’impact sur des poissons migrateurs menacés est démontré ». Une réflexion est en cours sur son classement en espèce pouvant provoquer des déséquilibres. Qui a demandé ça ? Les pêcheurs pros ?

H. O.: Il faut avoir une vision historique du dossier. Il y a une dizaine d’années, le ministère avait déjà suggéré le classement du silure en espèce susceptible de provoquer des déséquilibres, ou en espèce exotique envahissante, notamment pour mieux protéger les poissons migrateurs. Nous nous y étions fermement opposés, faute d’éléments techniques démontrant les déséquilibres biologiques. Le silure est d’abord une espèce représentée dans nos cours d’eau. C’est le dossier miroir du cormoran! On tient cette position depuis très longtemps. Mais récemment, les études sur les migrateurs et notamment sur la lamproie marine, semblent attester d’un impact démontré. Des études sérieuses ont été menées par des chercheurs, l’OFB, le MNHN, l’Inrae. Les chiffres annoncés nous invitent à regarder ce dossier avec sérieux. Nous serons attentifs aux enseignements de ces études.

C. R.: L’idée pour nous est de regarder au cas par cas. Nous prendrons des décisions localement si des déséquilibres sont vérifiés. Les chiffres avancés sur la prédation du silure sur la lamproie ne laissent pas insensibles. Le ministre souhaite réunir rapidement le groupe de travail national silure pour essayer d’analyser toutes les connaissances en la matière. Mais on se doit de défendre aussi nos pêcheurs !

Pas de ministre ni de députés lors du Congrès, élections oblige ! Claude Roustan les a pourtant interpellés, notamment sur le Plan Eau bien mis à mal récemment ! Les concessions faites aux agriculteurs après les récentes manifestations inquiètent les élus des fédérations de pêche.
Crédit photo : Nicolas Bensussan

Autre annonce faîte au congrès… vous proposez vos services pour gérer la pêche en mer ?

C. R.: Il y a au moins 300 000 pêcheurs dont on est sûrs qu’ils pratiquent aussi en mer. De ce côté-là, nous sommes l’organisation légitime pour défendre et soutenir ces pratiquants. Donc il n’y a aucune raison que nous soyons à l’extérieur des instances des pêcheurs en mer, qui représentent quelques fois 10 000 personnes et qui travaillent sur l’avenir de la pêche en mer. Derrière ça, et j’avais fait déjà ces propositions il y a une dizaine d’années lors du Grenelle de la mer, on a les structures, les moyens, un système informatique de cartes par Internet qui est au point. Nous souhaitons discuter, nous ne sommes pas demandeurs d’un permis de pêche en mer mais aimerions représenter nos pêcheurs dans les instances représentatives de la mer.

Enfin, le plan Eau annoncé par Emmanuel Macron en mars 2023 n’avance pas, et vous n’êtes pas content. Vous le dîtes dans une lettre ouverte.

C. R.: Force est de constater que ce dispositif, aussi nécessaire qu’ambitieux, est à l’arrêt. La situation est pourtant grave: l’enjeu sociétal autour de la ressource en eau et des milieux aquatiques n’a jamais été aussi fort. Emmanuel Macron en a fait une grande publicité… On avait un vrai espoir. Il y a eu la crise agricole et avant même que les agriculteurs demandent, on leur avait déjà tout lâché ! Le traitement réservé à l’OFB est inadmissible, alors que c‘est un établissement d’État. il y a de quoi être en colère ! Quand on demande un ministère dédié à l’eau, ce n’est pas superflu, ce n’est pas qu’une lubie de la FNPF, cela aurait plus que jamais du sens.

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